Archive pour le 22 novembre, 2009

De temps en temps

22 novembre, 2009

Il ne se passe rien. Il y a des moments où la vacuité de l’existence est exaspérante. Le plus difficile est de partager ces instants creux à plusieurs. Seul, je m’en tire encore : je peux musarder, respirer, voire même réfléchir. Mais devant les autres, il faut entretenir la conversation, sourire, plaisanter.

Je me suis assis comme tous les jours à la cafétéria après l’heure du repas. Je devrais peut-être arrêter le café : c’est une erreur. Ma seconde erreur est de m’asseoir en face de Rougerie, du service compta ou plutôt de son nez. Son appendice nasal me fascine : c’est une véritable curiosité touristique. Il s’allonge avant de bifurquer ver la droite puis de s’achever par une discrète boursouflure. Je m’en veux de m’attarder sur cette disgrâce physique. D’autant plus qu’un célèbre auteur théâtral en parlerait avec beaucoup plus de talent. N’empêche ! Rougerie devrait se faire opérer.

Rougerie ne parle que de foot et s’interroge depuis des mois sur les moyens de redresser les résultats du Paris Saint-Germain. Il a déjà licencié virtuellement plusieurs dizaines de joueurs et envisage la possibilité de faire revenir Platini sur le terrain.

 A ses cotés, Solange, la secrétaire de direction, minaude : quand elle n’a plus rien à faire, c’est la seule chose qu’elle sache encore faire. Elle croise haut ses superbes jambes gainées de soie noire. Derrière ses lunettes à fortes montures, son regard vert d’eau semble ne pas prêter attention à ses interlocuteurs, tout en examinant néanmoins sournoisement l’effet que son anatomie attirante produit sur ses collègues masculins. Des pensées impertinentes me traversent l’esprit. Je trouve le rapprochement du nez cabossé de Rougerie et du dessin parfait des lèvres soyeuses de Solange complètement surréaliste.

(suite…)

Ce n’est pas un bon plan…

22 novembre, 2009

Jean était un historien de premier plan, spécialisé dans l’étude des Plantagenets.

Il avait un physique avantageux, nous pourrions même dire plantureux.

Dans la vie il avançait plan-plan, la voûte plantaire fermement posée sur le plancher des vaches.

Sa femme Jeannette était une belle plante, dit-on, mais il l’avait laissée en plan.

Au début, ce n’était pas un planqué.

Il avait un vrai plan de carrière.

Malheureusement, il était amateur de rhum et plus précisément de planteur.

Il finit sa vie  planton dans un Ministère.