Archive pour le 7 août, 2009

Une nouvelle aventure de la marquise

7 août, 2009

La marquise, coachée par le marquis, s’entraîna durement au bilboquet. Lorsqu’elle atteignit 10 réussites à la minute, le marquis l’encouragea encore pour être sur de dominer la comtesse dans les soirées de sa Majesté :

-          Allez bibiche ! allez bibiche !!

Mais la marquise, atteinte d’une tendinite chronique au poignet, décida fort opportunément de ne pas s’inscrire au prochain tournoi de bilboquet en présence de sa Majesté. Notons que son forfait fut commenté avec un désappointement parfaitement hypocrite de la part de la comtesse.

Le marquis savait que les talents sportifs étaient insuffisants pour se faire remarquer de sa Majesté. La marquise devait aussi manifester de grandes qualités artistiques. Elle dut s’appliquer sous l’œil sévère de son époux à écrire quelques sonnets dignes d’attirer l’attention par leur tournure élégante voire spirituelle. Les débuts de la marquise ne marquèrent pas vraiment un évènement dans l’art cher à Ronsard.

                        La marguerite embaumait le jardin 

                        Où se balladait quiètement le baladin                    

                        A la recherche de la lampe d’Aladin                         

                      Qu’un brigand avait volé à un radin. 

Le marquis dit qu’on allait peut-être se dispenser de publier ces quelques lignes en dépit de leur grande qualité dans la mesure où leur audace littéraire risquait de désarçonner les auditeurs, même dans les plus hauts lieux. Suivez son regard.

Devant ces difficultés, le marquis pensa que la marquise pourrait briller devant sa Majesté par ses grandes connaissances scientifiques. Il savait que le Roi était un souverain d’une grande modernité, friand de découvertes et des inventions technologiques de son temps. La marquise fut priée de se plonger dans les manuscrits des érudits et de se tenir informée précisément des avancées scientifiques récentes. Au bout de six mois d’intenses répétitions, le marquis pria l’un de ses amis astronome d’évaluer le niveau de son épouse. Celui-ci se livra à l’examen consciencieux qui lui était demandé. Il en rapporta des conclusions étonnantes qui ne manquèrent pas d’émouvoir la communauté scientifique.

Selon la marquise, le soleil se levait à gauche de son lit sauf par temps nuageux. Le soleil prenait alors son essor céleste ailleurs, mais d’après les experts les plus pointus, on n’avait pas encore réussi à déterminer cet endroit. Quant à la Terre, elle ne tournait absolument pas sur elle-même comme le soutenait cet impudent de Galilée, mais Dieu la soutenait d’une main. Aussi avait-on le plus vif intérêt d’une part à la prier tout court et d’autre part à le prier de ne pas lâcher l’assiette terrestre.

Le marquis conclut qu’on allait éviter de paraître à la Cour pour quelques temps.