Archive pour le 1 avril, 2009

Une négociation sociale

1 avril, 2009

La marquise dut recevoir une délégation syndicale d’entreprise.

Son cocher qui appartenait à la SPA ne voulait plus fouetter les chevaux. D’ailleurs, selon lui, Monsieur le Marquis pourrait bien s’atteler et  tirer lui-même son fiacre.

Sa cuisinière ne voulait plus changer la caisse de Walter, son doux siamois parce qu’il lui griffait ses bas à chacun de ses passages.

Sa femme de chambre demandait les horaires variables et une pointeuse. Elle n’était pas du matin et pensait qu’à son âge, la Marquise pouvait bien s’habiller toute seule.

Son coursier exigeait deux jours de repos par semaine. Madame la Marquise devrait donc porter ses plis elle-même tous les week-ends.

Son Maître d’hôtel avait de l’arthrose dans les mains et il proposait donc que la marquise aille chercher ses plats à la cuisine en personne.

La Marquise, en fine négociatrice, affirma qu’elle était depuis longtemps) à l’écoute des masses laborieuses et que les revendications du peuple étaient sans aucun doute légitimes. Cependant, elle proposa d’établir un calendrier social : les travailleurs devaient comprendre que tout n’était pas possible tout de suite. L’économie de sa Maison ne s’en relèverait pas.