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14 mars, 2020

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Le bal de l’archiduc

12 juillet, 2020

« Les dessous de l’archiduchesse sont-ils secs ? »

« Pas encore tout à fait, la lavandière a juste terminé de les nettoyer puisque la machine à laver de monsieur l’Archiduc est en panne. »

« Comment voulez-vous que l’archiduchesse paraisse au bal de ce soir sans ses dessous ? »

« En effet, nous voilà, devant un problème, monsieur l’archiduc ! Monsieur l’archiduc notera cependant que le sort de l’archiduchesse est plus enviable que celui de madame la marquise dont la maison vient de flamber en dépit de l’intervention de messieurs les pompiers. »

« Et la comtesse, elle est en état pour venir ? Son absence m’offenserait gravement puisque samedi dernier elle était de l’anniversaire du le comte Dupont de Nantes où un bal était donné ! »

« En effet, cela a été une belle fête ! Les beaux messieurs faisaient comme ci et les belles dames comme ça, ce qui dénotait de belles manières. »

« J’aurais peut-être dû organiser un bal masqué, ohé ! ohé ! Qu’en pensez-vous ? »

« Non, monsieur l’archiduc et madame l’archiduchesse sont tellement beaux ! Pourquoi les masquer ohé ! ohé ! Ils dansent si bien la valse à mille temps ! Et mademoiselle votre fille sera ravie. Sans aucun doute, aujourd’hui, ce sera le bal des gens bien ! »

« J’espère qu’il n’y aura pas de royalistes pour danser la carmagnole, comme la dernière fois !  Ou alors des gens du peuple pour faire la danse des canards. »

« Que monsieur l’archiduc se rassure, nos videurs ont la main leste ! Peut-être que monsieur l’archiduc pourrait innover en lançant lui-même une petite lambada avec madame l’archiduchesse ? »

« Sans ses dessous ? »

« Ou bien alors une petite macarena, il parait que sa Majesté l’a pratiquée elle-même lors de son dernier bal. Elle s’amusa follement. »

« Vous croyez ? Alors, trouvez-moi un spécialiste ? »

« Mon beau-frère anime des bals dans le Vaucluse. Dernièrement, il a travaillé sur le pont d’Avignon, on y a beaucoup dansé ! »

« Va pour votre beau-frère ! Le menuet, il connait ? Et la gaillarde ? Et le … »

« Jean-Claude et son orchestre serait plutôt spécialisé dans la valse. »

« La viennoise ? »

« Non plutôt la musette. Madame la Vicomtesse de la Nouille la danse à merveille. Monsieur l’archiduc pourrait en profiter pour approcher madame la Vicomtesse de la Nouille. »

« C’est une idée intéressante. Et tout de suite derrière, nous pourrions enchaîner par un slow collant. Sur « White shade of pale » par exemple. »

« Monsieur l’archiduc est un petit polisson !»

« Tout compte fait, dites à la lavandière de ne pas se presser. Si les dessous de l’archiduchesse ne sont pas secs, elle ne voudra sûrement ne pas paraître au bal. »

« Et dans ce cas, monsieur l’archiduc sera obligé de payer de sa personne pour l’animer ! »

Le chambellan et son coiffeur

11 juillet, 2020

A Milan

Le chambellan

Indolent

Et le merlan

Lent

Font semblant

De faire un bilan

Et un plan.

C’est violent !

Voyons double !

10 juillet, 2020

Clément ment

Il se claquemure entre ses murs.

Tandis que Roger déroge.

C’est un écrivain vain qui boit du vin.

Il dine en gabardine

Avec un clandestin qui a un destin.

Ce dernier donne la main à un gamin.

Sa femme ? Une pimbêche qui bèche.

Elle est une belle qui manie la pelle.

Un videur

9 juillet, 2020

« Je reconduis. »

« Qu’est-ce que ça veut dire ? »

« Je reconduis les gens indésirables. C’est le mot pacifique pour dire que je suis videur. »

« C’est un métier ? »

« Bien sûr, ça exige du savoir-faire. On ne vide pas une petite minette comme un monstre de 120 kilos ou de deux mètres. En outre, en fonction des options prises par le client, je peux opérer de manière plus ou moins discrète. »

« Comment ça se passe un vidage ? »

« Généralement, c’est dans une boite de nuit. Un individu de corpulence normale sème la pagaille. Je le prends par le collet et hop ! Je jette dans la rue en lui et, en fonction du contrat, je peux lui jeter une phrase humiliante du type : et qu’on ne te revoit plus ici, mon lascar ! »

« C’est violent ! Il faut une bonne forme physique ! »

« Oui, mais selon les options, je peux commencer par négocier calmement en disant à la personne : ne voyez donc pas, cher ami, que vous troublez la fête de vos camarades ? Il serait temps pour votre bien-être de rentrer vous coucher bien sagement. »

« Il faut donc une capacité à la négociation. Est-ce que ça marche ? »

« Non, pas souvent. Mais nous montrons que nous ne sommes pas des bêtes. »

« Et quand l’intéressé est trop fort pour vous ? »

« Là, c’est compliqué. Je passe la vitesse supérieure. J’appelle le GIGN, ils sont très bien aussi. »

« Il parait que vous voyager gratuitement. »

« Oui, je vide un peu partout. Je peux reconduire à la frontière des récalcitrants. Je prends l’avion avec l’individu et je la ramène dans son pays. En général, il n’est pas très content. » 

« Vous reconduisez à domicile ? »

« Parfaitement, voici mes tarifs. Imaginons qu’un importun vienne vous déranger, vous m’appelez. J’arrive. Vous me dites : veuillez reconduire monsieur Machin, et hop je reconduis. »

« Tout cela ne suscite-t-il pas chez vous un problème d’ordre moral ? Parce que vous vous opposez à la liberté d’aller et venir, non ? »

« Je m’oppose à la liberté d’embêter les autres, monsieur ! »

« Et alors quels sont vos tarifs ? J’imagine qu’un vidage violent est plus cher ? »

« Non au contraire. Nous faisons le point après l’affaire. Pour un vidage gentil, je prends 500 euros par vidé. En général, ça exige du doigté, tandis que pour un vidage brutal c’est 250 parce que c’est plus simple. J’ai une option : vidage spectaculaire. C’est 100 de plus. »

« C’est quoi cette option ? »

« Pour 100 de plus, j’insulte et je m’arrange pour que tout le monde assiste à la déconvenue de l’intéressé. Il en ressort particulièrement marri. »

« Et pour les filles ? »

« Comme c’est plus facile, il y a un rabais de 10%. Je soulève la belle dans des bras musclés et hop dehors ! »

Les aventures de Cécile et Lucile

8 juillet, 2020

Imbécile !

Lucile,

La docile

Qui n’est pas un fossile,

Et Cécile

Gracile

Qui bat des cils

Sont en concile

A leur domicile.

Un baroudeur

7 juillet, 2020

« Je suis un vrai baroudeur. J’explore toutes sortes de contrées inconnues et dangereuses. »

« Vous partez sac au dos en couchant chez l’habitant ? »

« Non, chez les baroudeurs, chacun a sa spécialité. Moi, j’expérimente les hôtels cinq étoiles. »

« Si je comprends bien pour être un baroudeur efficace, il vous faut votre petit confort. »

« Si vous croyez que c’est facile. Dans certains hôtels, on ne sert plus le petit déjeuner après 10 heures du matin. Comment voulez-vous barouder dans ses conditions ? »

« Je comprends, mais je suppose que vous faites des expéditions dangereuses. Par exemple dans le désert, muni de votre seule caméra et de votre seul courage. »

« Pour me faire enlever par des tribus incontrôlées… sûrement pas ? Non, les expéditions se font sous la protection de gardes lourdement armés. »

« Vous savez quand même que les bons baroudeurs savent prendre des risques. Pour commencer, il faut voyager dans de vieux coucous. »

« Ah bon, moi je préfère les lignes régulières. En classe affaires évidemment, c’est beaucoup plus efficace pour arriver en forme. »

« Et donc, loin des voyages standards organisés par les tours opérateurs, vous vous intéressez à la vie des habitants pour vous enrichir de leurs traditions. »

« Il faudrait qu’ils commencent par parler français. Après, je peux penser à m’enrichir de nos différences culturelles. Nous pourrions commencer par comparer nos programmes de télé, par exemple. »

« Et le soir vous participez aux réjouissances locales autour d’un feu de camp. Vous vous laissez entraîner par les danses folkloriques … »

« Pas du tout. En général, je préfère participer aux animations organisées autour de la piscine de l’hôtel. C’est plus sécurisant. »

« Et pour la nourriture, vous vous débrouillez comment ? »

« J’évite les mets locaux. Comment voulez-vous barouder si vous avez mal au ventre. J’exige de comprendre ce qui se passe dans mon assiette. »

« Après votre dernier voyage, vous êtes en train d’écrire un livre, je crois, qui s’intitule : comprendre les civilisations du bout du monde. »

« Oui, c’est important que nos compatriotes s’imprègnent du fait qu’ils ne sont pas seuls sur cette planète. Je trouve qu’ils ont un peu trop tendance à se replier sur leur quotidien. De l’air ! De l’air ! Sachons regarder notre prochain. »

« Et vous avez bientôt fini votre livre, nous avons hâte de le découvrir ? »

« Dès que j’aurais reçu les nouvelles revues touristiques des opérateurs, je pourrai terminer. »

« Vous allez retourner au Sahara, bien entendu. »

« Il fait trop chaud. La dernière fois, je transpirais un peu, je sentais des pieds. »

« Alors, vous allez au Pôle Nord pour les vacances ? »

« Pour que j’attrape la grippe, pas question. Je pense plutôt à une région au climat tempéré qui me permettent de barouder en toute sécurité sanitaire, sans Covid bien entendu. »

N’arrête pas ton char

6 juillet, 2020

A Chartres

Sous la charmille

Charles

Le charcutier

Charmant

Charge

Son chariot

Avec du chardonay

Et de la chartreuse.

Le club des loosers

5 juillet, 2020

« Tu as un ballon ? On joue au foot ? »

« Dans les couloirs ? Le patron va ne pas apprécier ! »

« Ne t’inquiète pas. Il adore ça. Il suffit de ne pas le dribbler. L’autre jour, Dugenou lui a passé un petit pont, il lui a baissé sa prime de fin d’année. »

« C’est vrai qu’il a organisé un match opposant le marketing à la direction. Tu ne crois pas que c’est truqué ? »

« Il vaut mieux faire semblant de croire que le résultat est incertain. Les mecs du marketing se sont soigneusement abstenus de s’entraîner. »

« Il parait que la rencontre était arbitrée par la secrétaire de direction. »

« Oui, enfin… par Josiane, l’ancienne secrétaire. Elle a essayé de siffler un pénalty contre les directeurs. Elle a été remplacée par Sylvie qui ne connait rien au foot. »

« Les chefs ne sont pas vraiment loyaux. »

« Evidemment, nigaud, sinon ils ne seraient pas chefs. Le patron tient à développer l’esprit de compétition dans l’entreprise. Il parait qu’on doit être des winners ! »

« Comme les femmes ! »

« Celles qui jouent au foot ? »

« Non, celles pour lesquelles il faut toujours se battre et gagner. Elles ont horreur des loosers. Rester tranquillement allonger avec un bouquin, c’est un péché. »

« Je vois ce que c’est. Elles aiment les aventuriers, ceux qui partent au bout du monde pour un oui ou un non. Moi, avec mes vacances au Lavandou, je ne suis pas très bien vu. »

« Quand j’ai proposé à Louisette de partir en Patagonie un vendredi soir, sur un coup de tête, je suis tombé sur une grève des pilotes. Elle en a conclu que je n’étais pas un winner. »

« Pour être bien vu, il faut être un vrai mercenaire !  Par exemple, Berthe voulait absolument que je crée ma start-up pour montrer que j’ai peur de rien. Résultat : je suis endetté jusqu’au cou. »

« Moi, j’ai voulu montrer à Josiane que j’étais un combattant en faisant de l’accrobranche. Résultat : il a fallu aller chercher les pompiers pour me décrocher d’un arbre. »

« Le mieux, c’est de faire de la politique pour leur montrer qu’on ne se laisse pas faire par n’importe qui et qu’on est des gagnants. »

« Dugenou a essayé. Son adversaire s’est débrouillé pour lui coller trois procès sur le dos et pour lui casser la figure par l’intermédiaire de ses colleurs d’affiche. Au total, il a fait 1 % des voix et sa compagne ne lui parle plus. »

« Ecoute, dans ces conditions, il vaut mieux former un club de loosers assumés. Comme ça on est tranquilles. »

« Oui, nous n’avons aucun succès commercial ou féminin, mais au moins on est en bonne santé et on évite d’être interdits bancaires. »

« Bon, ce n’est pas tout ça. Cet été, on pourrait tirer notre flemme au Lavandou. Le soir, nous prendrions un verre à la terrasse. On relirait tout Balzac avant la sieste. Sans elles, évidemment ! »

Le fou dans la foule

4 juillet, 2020

Dans la foule

Il y a un fou

Avec un foulard.

Il est fougueux

Et fourbe.

Avec sa fourche

Et son fouet

Il foudroie

Des fourmis

Foutues.

Il fait beau

3 juillet, 2020

Le beau

Thibaud

Débauche

Une ribaude

Toute ébaubie

Sur l’escabeau

De son beau-père.

Ce vieux beau

Depuis son tombeau

Lui a passé le flambeau.

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