Nouveauté !

13 novembre, 2021

Nouveauté

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JE PEUX ENVOYER DES EXTRAITS SUR DEMANDE

 

Le muet et sa muse

3 décembre, 2021

Le muet

Mutin

Murmure

Une musique

En musardant

Dans un musée

Municipal.

Sa muse

Muse

Et l’amuse

Dans ces murs.

C’est qui le chef ?

2 décembre, 2021

« C’est moi le chef ! »

« Quelle arrogance, mon cher ! »

« J’ai toujours eu envie de prononcer cette phrase. Il faut dire que je ne commande pas grand-chose dans ma modeste vie. A la rigueur ce que je vais manger à la cantine… et encore je n’ai que choix entre deux plats chauds ! »

« Vous exagérez, vous avez bien d’autres occasions de décider ! »

« Vous rigolez ! Si je dis : c’est moi le chef ! à Josiane, elle va fort mal le prendre, parce qu’elle croit que c’est elle le chef ! »

« Au bureau, c’est pareil, je ne me vois pas en train dire que je suis le chef à mon patron. »

« Qu’est-ce que vous voulez… vous et moi faisons partie du peuple, c’est-à-dire de ceux qui ne décident jamais rien. »

« Vous avez pourtant l’air d’un homme sévère et décidé ! »

« Pfff ! Je n’ai même pas décidé de mes vacances. J’ai été obligé d’aller dans le Périgord, chez la mère de Thérèse, comme chaque année ! »

« Il y a pire. Grâce au progrès technologique, nous décidons de moins en moins. Quand je rentre chez moi, le salon s’allume tout seul, même si je veux rester dans l’obscurité. »

« Chez moi, c’est la machine à café qui démarre sans qu’on lui demande… maintenant ce sont les essuie-glaces de ma voiture. Au bureau, j’ai un message pour me rappeler mes réunions, même quand je n’ai pas envie d’y aller. »

« Il y a de l’abus. Heureusement, je peux encore donner des ordres à mes gamins. »

« Ils en tiennent compte ?»

« Pas vraiment. Ils font souvent le contraire, mais je fais celui qui ne s’en aperçoit pas. L’essentiel, c’est que je fasse preuve de mon autorité. »

« Moi, il y a longtemps que je ne suis plus le chef à la maison. »

« Alors comment faites-vous ? »

« Il y a bien des manières de manager son chef. Avec mon patron, j’applique une technique qui a fait ses preuves. Il suffit d’avoir l’air d’appliquer ses décisions avec enthousiasme. Souvent, ça suffit : il est tellement pressé de prendre d’autres décisions qu’il a oublié la précédente. »

« Intéressant, je vais essayer avec Josiane. »

« Les patrons, c’est comme les femmes, pour s’en tirer il suffit de leur laisser l’impression que c’est eux qui commandent. En général, ils s’en satisfont. »

« C’est assez hypocrite et manipulatoire. »

« Oui, ça s’appelle la comédie de la vie. Il y a moyen de vivre malgré les chefs. Quand on vous donne un ordre qui ne vous plait pas, laissez trainer, ou alors imaginez des obstacles ou encore dites que vous n’aviez pas compris que c’était à vous de le faire. En toute dernière extrémité, dite que c’est de la faute de l’informatique qui déconne, ça marche souvent. »

 

 

 

 

Chapeaux !

30 novembre, 2021

Il fait très froid ce matin. La mère de Jojo lui passé sa cagoule de laine avant son départ à l’école. Seul son petit nez rougi dépasse de ce bonnet.

Jojo espère ne pas coiffé le bonnet d’âne cette année, mais il n’y a rien de sûr.

Monsieur le curé traverse la place à grandes enjambées. Un petit vent d’automne fait voler les feuilles d’automne. Le prêtre doit avancer en tenant sa barrette d’une main pour qu’elle ne s’envole pas.

Dimanche dernier, l’évêque est venu célébrer la messe. Il portait des vêtements dorés et une mitre magnifique.

Georges pour faire l’intéressant porte une casquette à l’envers. Il espère faire rire Madeleine, une jeune fille qu’il courtise, qui ne porte qu’un modeste foulard.

Cet été, pour amuser la demoiselle, il portait un canotier.

Pour faire le drôle, il arrive aussi qu’il sorte muni d’un sombrero.

Un militaire couvert de médailles surgit dans le paysage. Jojo pense que c’est un général où quelque chose comme ça parce qu’il porte un képi.

C’est le temps des semailles. Le père Gus mène ses deux bœufs aux champs. On le distingue de ses bovins, car il porte un béret baissé sur l’avant de la tête.

Max, le chef du restaurant « Les amis » respire l’air du matin sur le pas de sa porte. Il a déjà posé sa toque sur sa grosse tête.

Madame Poulichon s’avance à petits pas vers l’église. Elle a passé sa mantille car elle est très pieuse. Elle va assister à la messe du matin.

Quant à madame Suchet dont on connait la frilosité, elle a revêtu un gros manteau poilu et une chaude parka sur la tête. Elle a son panier à la main pour faire son marché.

Voici qu’arrive Monsieur Dupin, c’est un homme d’affaires très sérieux qui porte une serviette noire sous le bras. Il est coiffé d’un haut-de-forme et vêtu d’une redingote. Comme c’est un vieux célibataire, personne ne lui a dit qu’il n’était plus à la mode.

Un cheval élégant passe. Il est monté par une cavalière émérite : mademoiselle de la Myrtille, la fille du baron ; elle montre une allure distinguée avec ses longs cheveux qui s’évadent de sa bombe.

Prudence ! Deux hommes vêtus de longs manteaux traversent : ils regardent à droite et à gauche avec des airs louches de mauvais malfrats. Pour mieux passer inaperçus, ils portent des borsalinos de feutre assez luxueux.

Pour demander leur chemin, il s’arrête auprès du garde-champêtre Maurice qui soulève son tricorne pour les saluer, car Maurice est très civil.

A petits pas pressés, sous son fichu rose, la bonne du curé se dirige vers la boucherie de monsieur Legros. Monsieur l’abbé a envie de déguster un poulet à midi.

Deux gamins ont passé des heaumes en carton et rejouent, avec de grands cris guerriers, un tournoi des chevaliers du Moyen-Âge à l’aide de balais.

Quant à moi, je sors tête nue, mais je vais chez monsieur Boudarin, le chapelier du village, pour m’acheter un galurin parce c’est obligatoire.

Du beau monde !

29 novembre, 2021

Le berger s’occupe du verger.

Le vagabond fait des bonds

La vedette a des dettes.

Le turbulent est lent.

Le troubadour vogue sur l’Adour.

Il y a du tintamarre sur la mare.

Elle danse, c’est tendance.

Le soupirant soupire.

Tout ça, ce n’est pas net, ce sont des sornettes.

De toutes les couleurs !

28 novembre, 2021

Le bleu dit qu’il est noble par nature. On disait des princes d’antan qu’ils étaient de sang bleu. En plus, il offre un grand nombre de nuances au regard : du bleu ciel au bleu nuit en passant par le bleu outremer.

Le rouge ne l’entend pas ainsi. Il symbolise le courage du peuple qui versa son sang sur les champs de bataille ou dans des révoltes contre l’oppression. Le rouge cerise offre au gourmand l’occasion d’exciter ses friandes papilles.

Le vert s’énerve. C’est lui qui est la couleur de la Nature, mère de toute chose. Quand on est vert, on est écologiste, on est pour la protection de la mer, on est pour manger sainement… Bref, le vert est la couleur qui sauvera la civilisation !

Parlons un peu de moi, dit le jaune. Je suis extrêmement intéressant. Je ne plastronne pas au premier rang, mais en me mêlant aux autres, je peux changer les choses. En épousant le bleu, je peux devenir vert par exemple.

A ces mots, le violet ne se retient plus. Il dit qu’il est sans doute la couleur la plus élégante. N’importe qui ne peut pas porter du violet. La preuve : les prélats s’en sont réservé l’usage quasi exclusif. En plus, les autres – le bleu et le rouge – se mettent à deux pour accéder au violet.

L’orange s’énerve. Lorsque le crépuscule survient les soirs d’été, qu’aperçoit-on à l’horizon ? Dans un subtil dégradé des teintes mordorées accompagnent le coucher du soleil. Par conséquent l’orange estime être la plus belle des couleurs puisqu’il peut offrir un tel tableau quotidien. 

Il restait le blanc qui n’avait rien dit. Il agita ses petites mains pour qu’on prête attention à la couleur de la paix et de la fraternité. Au passage, il dit aussi être très propre puisqu’il symbolise la virginité. Et l’hiver ? Qui est-ce qui calme tout le monde en recouvrant la campagne d’un voile immaculé ?

Ah, mince ! On a oublié le noir !

Le noir règle son compte au bleu qui s’en prend à l’âme des gens en l’obscurcissant lorsque les hommes sont blessés par la vie.

Il fait également remarqué au passage que le rouge est la couleur de tous les martyrisés par la violence de l’injustice. Le rouge est donc sanguinaire.

Le jaune, c’est celui qui brise les grèves. Celui qui fait fi de la solidarité avec ses camarades de lutte. Le jaune manque de dignité.

Le noir n’a rien contre le violet, mais tout de même il le trouve assez louche. N’y a-t-il pas un paradoxe entre symboliser la sagesse et être un indice de rage dans l’expression : violet de rage. Par ailleurs, pourquoi se cache-t-il sous des pseudonymes comme parme ou mauve ?

Parlons de l’orange, dit le noir avec une certaine jubilation. L’orange, c’est la couleur des bagnards américains qui ont commis les pires exactions ! Il n’y a pas de quoi être fiers ! L’orange est un voleur ! Il est le seul à avoir pris le nom d’un fruit qui ne demandait rien à personne !

Quant au blanc, le noir s’esbaudit, il suffit qu’il le touche pour le transformer en gris, avec une bonne cinquantaine de nuances, s’il le veut.

Soyons sérieux, affirme le noir. Moi, j’offre quelque chose de magique. L’obscurité de la nuit inspire les poètes. Lorsque le soleil est couché, les hommes sont confrontés à leurs sentiments. C’est à cet instant-là que leurs âmes s’élèvent vers un peu plus de grandeur.

Bon, on en a vu de toutes les couleurs !

Le bâtard et le bohême

27 novembre, 2021

Il est tard

Dit le bâtard

Au bohême

Venu de Bohême.

Guette

Huguette

Qui est dans la guinguette

Pendant que je fouille

Dans ses bafouilles.

Enfin des décisions !

23 novembre, 2021

Les atermoiements n’ont que trop duré. Il faut envisager de passer à l’action.

Une démarche de concertation pourrait être engagée. C’est possible, bien que rien ne soit certain.

Je m’interroge.

Je ne sais pas. On est en train de faire une étude. J’attends un premier rapport qui sera suivi d’un second, puis d’une réunion interne.

C’est donc trop tôt. Tout ça est très éventuel.

Je n’exclus rien, mais je n’ai rien décidé.

Après la réunion, des discussions préliminaires auront lieu en vue d’une conférence préparatoire.

Toutes les options sont sur la table à côté de la machine à café.

Je suis très mobilisé sur la question. La possibilité de trancher est étudiée de très près.

Nous n’avons que trop tarder, maintenant il faut que chacun prenne ses responsabilités. En tous cas, il n’est plus possible de procrastiner.

Je recevrais prochainement toutes les parties prenantes et je n’hésiterai pas à dire ce que j’en pense.

Il est possible que nous aboutissions un accord sans que cela ne constitue un engagement de ma part.

Je ne suis pas du genre à tergiverser. Mais une décision est, à ce stade, encore très hypothétique. Je dirais même incertaine.

Je vais aussi me réunir avec moi-même. Ce sera un sujet prioritaire.

Il est pensable que les termes d’un agrément apparaissent.

Il n’est pas inenvisageable qu’on aboutisse à un protocole d’accord conduisant à un processus d’engagement avant d’entrer dans une phase d’adhésion.

J’ai confiance dans l’avenir. Les conditions sont réunies pour qu’une réflexion collective se poursuive autour d’un bon cassoulet.

Un modus vivendi pourrait se dessiner dans des conditions qui reste à préciser.

Des indices laissent déjà penser qu’une communauté de point de vue pourrait se dégager.

On peut même penser à une éventuelle convergence des idées.

Soyons prudents, mais confiants : la probabilité d’un compromis n’est pas nulle.

Il n’est pas inimaginable que les positions respectives se rapprochent.

Il est même concevable que des négociations s’engagent dans un esprit d’ouverture.

D’ailleurs, je propose que la conférence débouche sur un colloque, voire un symposium ou tout simplement un séminaire qui formaliserait les termes d’un pacte éventuel. 

Les derniers points de désaccord font déjà l’objet d’un examen attentif.

Les conditions d’un projet d’un potentiel traité sont réunies.

Comme vous le voyez, la volonté de réussir rapidement est forte.

Les petites choses d’avant

21 novembre, 2021

« Je fais la raie de ma coiffure à gauche. »

« C’est politique ? »

« Non, comme je suis droitier, c’et plus facile pour passer la brosse quand je me peigne. »

« En effet, je n’y avais jamais pensé. Je vais changer la mienne de côté. On ne pense jamais assez au côté pratique des choses. »

« Depuis, le début des temps, l’homme n’arrête pas d’inventer des trucs pour se rendre la vie plus simple. Par exemple la poubelle à pédale. »

« Ou alors la cuillère spéciale pour servir des glaces à la fraise ou à d’autres choses. Moi, avec une simple cuiller, j’en met de partout. »

« On ne plaindra jamais assez nos grands-pères qui devaient se bagarrer avec leurs parapluies alors qu’ils tombaient trois gouttes. Alors que nous, nous le faisons d’un simple mouvement du pouce. »

« Heureusement qu’on a trouvé des systèmes pour ouvrir et fermer des tubes de dentifrices, avant le dentifrice débordait, ça séchait. C’était assez dégoutant. »

« Remarquez que nos grands-pères avaient inventé des trucs utiles qu’on a abandonnés à tort. Je pense par exemple au fixe-chaussette qui me rendrait bien service. »

« C’est-à-dire que notre civilisation moderne nous met en demeure d’être élégant, ce qui explique la disparition des bretelles, pourtant bien pratiques pour tenir les pantalons. »

« J’aimais bien aussi le panier dédié au secouage de la salade. On était sûr de ce qu’on mangeait. Aujourd’hui, on vous vend la salade en sachet, on n’est jamais sur qu’elle a été lavée et secouée comme il convient. »

« Bon ! Soyons modernes ! Ne nous laissons pas envahir par les regrets ! Vive le progrès ! Bientôt, nous serons servis par des robots au restaurant. »

« Je sais, les japonais y sont déjà. Mais on ne pourra plus engueuler le serveur parce que c’est trop cuit ou pas assez assaisonné. »

« Et la commande de votre télé, vous ne trouvez pas ça pratique ? »

« A condition de ne pas la confondre avec la télé commande des volets. Et puis, il y a plein de boutons dont je n’ai pas encore compris l’usage. Dans le temps, c’était plus simple : on se levait de son fauteuil et on appuyait sur un bouton. »

« Bon ! Alors le robot qui lave parterre, vous n’allez pas me dire que ça ne facilite pas les choses. »

« Euh… si vous voulez, mais moi, je suis resté très serpillère. La vieille serpillière s’en sort mieux dans les coins sombres où le robot de veut pas aller ! »

« Vous devriez fonder le club de tous ceux qui regrettent les objets du passé. Vous l’appelleriez « Les anciens de la serpillère ! »

« C’est une bonne idée, nous pourrions parler de nos bretelles, de nos télés en noir et blanc, de nos vieux torchons à vaisselle et des moulins à café qu’il fallait tourner à la main, ce serait le pied. »

« Et les pots de confitures ? »

« Je reconnais que votre progrès seraient enfin utilise, s’il inventait la machine à ouvrir les pots de confiture.

Pédestrement

19 novembre, 2021

Je suis venu à pied

Jusqu’au pied-à-terre de Georges

Qui doit m’attendre de pied ferme.

Il ne me croyait pas capable d’arriver chez lui, je lui ai donc fait un pied de nez.

J’étais exténué, je ne pouvais plus mettre un pied devant l’autre.

C’est que je ne suis pas du genre à garder deux pieds dans le même sabot.

Je suis quelqu’un d’important. Je ne me mouche pas du pied.

Bref ! Chez Georges, j’ai pu enfin mettre les pieds sous la table.

Il m’a dit que je retombe toujours sur mes pieds.

Il m’a assuré que je ne lui casse pas les pieds. Voilà qui tombe bien : ce n’est pas mon genre non plus.

J’étais à pied d’œuvre.

Pour ainsi dire au pied du mur, qu’il avait commencé à construire.

En le regardant faire, je prenais mon pied.

Il s’y prenait comme un pied.

Je ne pouvais pas l’aider, j’étais trop bien habillé de la tête aux pieds.

Je résistais pied-à-pied à l’idée de travailler.

Il m’a demandé plaisamment si je m’étais levé du pied gauche.

Je n’ai pas pris sa question au pied de la lettre.

J’ai plutôt apprécié qu’il travaille d’arrache-pied.

Parfois, je lui conseillais de lever le pied.

Il m’a fait remarquer que j’avais les doigts de pied en éventail, ce qui était exact.

J’ai mis les pieds dans le plat.

Pour lui enlever une épine du pied

J’ai proposé de le remplacer au pied-levé.

Il me dit qu’il fallait avoir les pieds sur terre

Car je n’étais pas sur un pied d’égalité avec lui.

Je perdis pied,

Il prenait mon contre-pied.

Je n’aurais pas du le mettre sur un piédestal.

C’était bien fait pour mes pieds.

Je repartis à pied.

L’idio, l’ignare et Dédé

17 novembre, 2021

Sur un ilot, l’idiot

Et l’ignare narrent

A l’idole de Dole

Une idée de Dédé

Qui vit une idylle avec Odile.

Dédé, c’est un illustre vendeur de lustres.

Elle, elle est imbue de lui, même quand il a bu.

Mais l’impudent est imprudent.

Il incline pour Line.

Cette femme infâme.

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