Une page de pub

18 janvier, 2020

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Le pauvre destin du soupirant

22 janvier, 2020

Sa soupe,

Le soupirant

Inspiré

L’a aspirée.

Puis il a soupiré,

S’est assoupi.

Son état a empiré

Et il a expiré.

Peut-on être encore original ?

21 janvier, 2020

« J’ai encore repéré l’une de nos contradictions ! »

« Ah bon ! Voilà autre chose ! »

« Nous sommes obligés de faire comme tout le monde. Dans la rue, on a tous à peu près la même allure vestimentaire. On mange aux mêmes heures des choses qui se ressemblent. Pour les vacances, on va s’agglutiner sur les mêmes plages. »

« C’est vrai que nous ressemblons un peu à un troupeau de moutons, mais ça sécurise les gens de savoir qu’ils sont dans les normes. »

« Oui, mais en même temps, on aime bien être original. On ne se prend pas pour n’importe qui. Quand Josiane va en soirée et qu’elle tombe sur une femme qui porte la même robe ou les mêmes bijoux, c’est la crise ! »

« Il est vrai que moi-même, je n’apprécie pas tellement croiser la même voiture que la mienne ! J’aimerais bien d’ailleurs que vous changiez la vôtre. »

« N’y comptez pas. Moi, j’aime avoir des opinions originales. Vous devriez modifier votre orientation politique. »

« Je ne peux pas, j’essaie de me faire bien voir du patron. Ce n’est pas le moment de virer gauchiste ou anarchiste. »

« Et voilà, on en revient à un comportement moutonnier ! »

« Pas du tout ! Je suis un être original : je suis capable de changer d’opinion et de comportement selon l’endroit où je me trouve. »

« Je reconnais qu’au bureau, il vaut mieux être conservateur sur la plan économique et social. Moi, j’arrête de remettre en cause le capitalisme libéral ! La direction m’a fait savoir que ce n’était pas vraiment opportun dans la perspective d’une revalorisation de carrière. »

« Autrement dit, on a le choix entre originalité et chômage d’un côté, et hypocrisie et bon salaire de l’autre ! »

« C’est comme ça que ça marche dès notre plus jeune âge. En Cm2, j’ai tout fait pour être le chouchou de la maitresse. Au collège, j’ai tenté de séduire la prof d’anglais. Au lycée, pour me faire bien voir des filles, j’étais contre tout, alors je distribuais des tracs pour lutter contre la faim dans le monde ou pour n’importe quoi. »

« Autrement dit, l’étude de l’hypocrisie sociale fait partie de l’apprentissage du jeune homme. »

« Eh oui, c’est après qu’on apprend à rentrer dans le rang, tout en regrettant de ne plus en sortir. Soudain, on a des ambitions en baisse. A quarante ans, avec un crédit monstrueux et deux gamins braillards sur les bras, on ne fait plus tellement le malin. »

« Allons, allons, pas de défaitisme ! Il vous reste des domaines d’excellence ! Vous réussissez les spaghettis à la napolitaine comme personne !  D’ailleurs, j’aime beaucoup être invité chez vous, vous avez un excellent porto. »

 

 

 

 

 

 

 

Une sortie ratée

19 janvier, 2020

« On va au restau ? »

« Encore ? Tu ne préfères pas mes raviolis en boite ? »

« C’est pour sortir un peu !  On pourrait conserver ta boite de raviolis pour un jour de fête. »

« Pfff… je ne sais jamais ce que je dois te raconter au restau. Alors on ne se dit rien et le résultat, c’est qu’on fait vieux couple. »

« On pourrait se moquer des voisins de table en pouffant de rire ou alors faire des commentaires acariâtres sur les serveurs. »

« Comme si c’était mon genre ! Et puis tu vas encore nous emmener dans un boui-boui pour se donner des sensations exotiques. Pourquoi pas une boite à pizzas pendant qu’on y est ? »

« Ecoute, on ne va pas au restau pour manger un steak frites !! »

« Il va falloir que je m’habille convenablement et que je ne sorte pas de table. Il me faudrait un restau où on peut manger décontracté. Pourquoi pas allongés sur un divan comme les romains. Ils savaient vivre les romains ! »

« C’est vrai !  Moi, je m’assieds sur une chaise au restau ! Quel ennui ! »

« Et puis moi, je bois de l’eau…. Je n’ai même pas le plaisir de dire qu’elle est un peu bouchonnée. Les restau préfèrent qu’on picole un peu. »

« C’est logique, ils n’ont pas beaucoup de marge sur une carafe d’eau. Essaie au moins de prendre un apéritif pour faire monter la facture. »

« Tu vas encore prendre trois heures pour choisir dans le menu ! »

« Ce n’est pas ma faute ! J’aime bien quand le serveur patiente derrière moi avant que je me décide. C’est un des rares moments de la vie pendant lequel j’ai l’impression d’avoir de l’importance pour quelqu’un. »

« Ce que je n’aime pas au restau, c’est quand on nous demande si ça s’est bien passé et qu’on répond positivement d’une manière assez hypocrite pour ne pas créer de malaise. »

« Tu ne vas tout de même pas dire que c’était mauvais sous prétexte de répondre quelque chose d’original. »

« Tu vas encore payer avec des tickets restaurant ? Je n’aime pas : ça fait rapiat ! »

« Bon… comment ils sont tes raviolis ? »

Atchoum !

18 janvier, 2020

Tchao !

Il part au Tchad

Manger du bortch

Des litchis,

Boire du scotch.

Faire des matchs

Et des sketchs

Car il a la tchatche.

Loup y es-tu ?

17 janvier, 2020

Lou

Est un filou,

un loubard,

Relou

Chelou

Et flou.

Son chien-loup

C’est Milou.

Ce n’est pas un loulou.

La comédie de la vie

16 janvier, 2020

« Bonjour Dieu ! La vie étant un grand show dans lequel chacun tente de tenir son rôle, je voudrais bien un rôle reluisant. Qu’est-ce que vous avez en magasin ?»

« C’est difficile : je suis débordé car tout le monde veut le premier rôle. »

« Je peux me plaire dans un bon second rôle, ce serait déjà pas mal. Mieux vaut être à l’arrière-plan que se faire marcher dessus au premier. »

« Essayez de prendre un rôle de comique, c’est ce qui rapporte plus de succès. »

« Faire du comique dans une tragédie, c’est délicat. »

« Ou bien alors disparaissez des écrans pour mieux faire désirer votre retour, c’est une stratégie qu’emploient beaucoup de vedettes. »

« Il vaudrait mieux ne pas jouer un rôle au-dessus de ses moyens. Moi, je ne peux pas jouer les aventuriers, alors que je passe toutes mes vacances sur la plage de Palavas-les-Flots entre la poubelle et le club Mickey. »

« Alors essayez plutôt le rôle du ténébreux, un peu bourru, qui observe ses contemporains avec un cynisme de bon aloi, genre Jean-Pierre Bacri, ça peut marcher. »

« C’est tout ce que vous avez à me proposer ? »

« Je ne peux tout de même pas vous proposer un rôle à la Tom Cruise, dans le style : je saute d’un avion et je ne me fais même pas mal ! »

« Et le rôle du jeune premier ?… Bien maquillé, je peux peut-être… »

« Vous plaisantez ! Je peux vous proposer le personnage du vieux beau à la rigueur. Vous serez ridicule, mais tout vaut mieux que l’indifférence. »

« C’est compliqué d’être quelqu’un ! Je ne serai pas contre un personnage historique, genre Napoléon. »

« N’y comptez pas non plus, il faut avoir de la prestance. Je vous verrais plutôt comme un sans-culotte braillard sous la Révolution. »

« Pas question, j’ai tout de même une certaine estime de moi-même. Il faut que je puisse me regarder ! »

« Bon alors, on va dire que vous serez un brave policier, obscur et féru de vérité. Le mieux pour votre gloire serait de mourir à la fin du film. »

« Non, ça ne me va pas. Je garde le vieux retraité qui cultive les fraises dans son coin. »

Doug n’a pas froid

15 janvier, 2020

Dans le Doubs

Le doux

Doug

Se douche

Puis sort sans sa doudoune,

Car c’est le redoux.

Pas de doute

Il n’est pas douillet

Il vient d’où ?

Ceux qui ne parlent pas

14 janvier, 2020

 « Je vous remercie bien sincèrement. » 

« Encore ? Vous me remerciez de quoi ? »

« De prendre ma personne en considération. Vous me parlez alors que personne ne me parle dans la rue. »

« Et au bureau ? »

« Les gens ne me parlent pas non plus. Il faut dire que je n’ai pas un emploi stratégique et que je ne vois jamais les patrons. Donc je ne sers à personne, sauf quand on me demande ce qu’il y a à manger à la cantine. »

« Si je comprends bien, vous insinuez que les gens sont sympas quand on peut leur servir à quelque chose Il est vrai que votre modeste position ne peut être utile à personne. »

« C’est bien triste, mais c’est ainsi. Par exemple, je sais que votre tondeuse est cassée et que vous auriez besoin que je vous prête la mienne. »

« Moi ? Allons donc, je n’ai pas besoin de la vôtre ! J’ai déjà emprunté celle de Mollard ! »

« Alors pourquoi vous me parlez ? »

« C’est pour vérifier que vous n’avez pas grand-chose à dire. Vous n’avez pas beaucoup de culture : pas de cinéma, vous ne lisez pas, vous ne voyagez pas, vous ne connaissez rien au jardinage… C’est assez vertigineux. »

« Oui, mais je peux renseigner sur les programmes de télé ! »

« Soyons sérieux : on ne vous parle pas parce que vous êtes un personnage assez vide. Quand je vous rencontre, je ne me sens pas enrichi d’une nouvelle culture. »

« Vous avez raison, mais avec le boulot, les gamins à surveiller, les copains et les copines de ma femme, je n’ai pas vraiment le temps de me cultiver et nous sommes plusieurs millions dans ce cas. Nous ne sommes plus au Grand Siècle, l’Art de la Conversation a été relégué au rang des choses qui ne servent à rien. »

« Je suis d’accord : nous sommes tous victimes de la philosophie de l’utilitarisme : la poésie, le latin, l’art abstrait, les prières… sont réputés ne servir à rien. »

« Résultat : nous devenons tous des incultes. Je pense que les gouvernements et les magnats de l’économie y trouvent leurs comptes. Si le peuple commençait à réfléchir à des concepts ou des choses abstraites, on ne peut pas prévoir où il s’arrêterait. »

« Non, mais dites donc ! On dirait que vous avez des opinions politiques ! Et des idées très subversives en plus. Je me demande si je vais continuer à vous parler. »

« Oui, vous avez raison : il ne faut pas parler avec des gens qui ne parlent pas, c’est très dangereux. On ne sait jamais ce qu’ils ont dans la tête. »

« Euh… vous pourriez quand même me prêter votre tondeuse, celle de Mollard fait trop de bruit et pollue ! Vos savez bien que je suis écologiste ! »

Sur une place de Grasse

13 janvier, 2020

A Grasse,

Grâce

A Grace,

Avec grâce,

Elle fait face

Sur la place.

Elle n’est pas lasse

Ni basse.

Elle a la classe.

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