Une page de pub

14 mars, 2020

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Sous et sur

6 avril, 2020

Soudain,

Je sursaute.

Un soudard

Souriant

Surgit

Par surprise

Du Surinam.

Il est soûl.

Il a des sous.

C’est sûr.

Les compères

5 avril, 2020

« Compère Coq et Compère Canard déambulent dans la cour de la ferme d’un pas de promeneurs, tout en conversant paisiblement. »

« Holà, compère Coq dit compère Canard, avec votre plumage flamboyant vous devez pécho facilement dans le poulailler ! »

A ce point, remarquons que compère Canard qui commençait à prendre de l’âge s’exerçait à adopter un vocabulaire jeune pour avoir l’air dans le coup.

« Ne croyez pas cela, compère Canard, dit compère Coq. Aujourd’hui, les poules sont plus intéressées par les qualités « humaines » des coqs. Et puis, ils ont enlevé le tas de fumier sur lequel je m’exprimais si agréablement. Bref, plus personne ne recourt à mes services. »

« Je sais. Il y a une évolution des mentalités. Moi-même, je suis atteint par une ségrégation antivieux. Mes efforts en natation artistique dans la mare n’intéressent plus beaucoup de canes. Il faut dire que je ne servais pas à grand-chose, mais enfin tout de même, je donnais une touche campagnarde dans le paysage. »

« Pourtant avec l’âge, je suis devenu un coq modeste. Autrefois, je débutais mon tour de chant à cinq heures du matin et j’aime autant vous dire que les poulettes se pressaient pour m’écouter. Maintenant, elles ne se lèvent pas avant neuf heures et en plus elles prennent leurs mercredis ! »

« Moi aussi, j’avais un succès fou sur l’étang du père Cornu. Mais avec l’arrivée des jet-skis j’ai dû émigrer sur la mare de la mère Cornichon. »

Chemin faisant, compère Coq et compère Canard rencontrent compère Cheval qui traine sa peine.

« Holà, compère Cheval, dit compère Canard, vous semblez bien en peine. »

« Certes, répond compère Cheval, me voilà particulièrement désenchanté : je n’ai plus de charrettes à tirer le long des chemins creux. »

« Vous n’êtes pas le plus malheureux, compère Cheval, dit compère Coq. Moi, on m’a volé mon meilleur tas de fumier. »

« En plus, je ne peux plus faire étalage de la puissance de mon encolure quand on m’attelait à la charrue du fermier, lequel coule une retraite tranquille et n’en fiche plus une rame. »

« Venez compère Cheval, dit compère Canard, ruminons notre nostalgie ensemble. »

Coq, Canard et Cheval avancent désormais en triste cortège ! Compère Âne survient :

« C’est une manif contre les réformes ? interroge compère Âne. »

« Mais non, bougre d’âne ! Nous maugréons de concert car plus personne n’a besoin de nous. Veux-tu te joindre à nous, bougre d’âne. Tu ne sers pas à grand-chose non plus. »

« C’est vrai ! Dans le temps, je déshonorais les chenapans qui travaillaient mal à l’école. Aujourd’hui, il n’y a plus grand-chose qui leur fasse honte ! »

La troupe repartit en s’apitoyant sur la disparition de leurs riches passés. Chemin faisant, ils rencontrèrent un homme qui leur sembla triste.

« Holà compère, dit le Coq qui se voyait déjà élu Président de l’association des Compères dépressifs. Qui es-tu ? »

« Je suis le Compère Chômeur. Je ne sers plus à rien. Autre fois, je brillais par mon savoir-faire, aujourd’hui je me distingue par la faiblesse de mes allocations. »

« Viens avec nous, compère Chômeur, ton cas est encore pire que le nôtre. »

Miquette, la coquette

4 avril, 2020

Ma dernière conquête

Miquette

Est coquette.

Elle fait des claquettes

En liquette

Et en socquette

Sur la moquette.

C’est une fliquette

Qui enquête

Sur un racket.

 

L’ami qui amène l’amant

3 avril, 2020

En amont,

L’ami

Amer

Amène

L’amant

Sans amarre,

Sans âme,

Sans muse,

Et sans amour.

Amen !

Grammaire à la plage

2 avril, 2020

« J’espère que je ne vous gêne pas en installant ma serviette de bain près de vous. »

« Si, monsieur, votre présence est plutôt incommodante. »

 « Pourquoi dites-vous plutôt ? Je vous gêne ou je ne vous gêne pas ! C’est oui ou c’est non ! »

« A vrai dire l’adverbe plutôt, me permet de vous dire que vous me gênez tout en restant élégant. C’est un adverbe assez pratique.  Vous avez raison, « plutôt » permet d’entretenir des relations courtoises. »

« Tout à fait, il peut s’utiliser avec des nuances. Si je vous dis que j’ai plutôt envie de vous casser la figure, c’est que j’introduis une modulation dans mon intention, sinon il y a longtemps que je vous aurais voler dans les plumes. »

« Monsieur, restons pacifiques ! »

« Nous pourrions aussi utiliser le terme plutôt dans un sens qui exprime un choix. Par exemple, je pourrais vous dire que je préfère m’en aller plutôt que vous supporter. »

« Ah ! Ah ! Vous, vous êtes trop ! »

« Monsieur, vous employez très mal l’adverbe trop qui ne peut s’employer seul. Il vient en aide à un verbe ou un adjectif pour exprimer une idée d’excès. Là, je me dis : je suis trop quoi ? Il conviendrait de m’aider à trouver une réponse. »

« Super ! Je suis tombé sur un prof ! »

« Monsieur, à l’origine super est un préfixe qui signifie au-dessus. Certes, la langue a évolué, vous pouvez l’utiliser comme interjection pour exprimer votre contentement bien qu’en l’occurrence, je sens que le mot est prononcé de manière ironique. L’interjection n’ayant aucun statut grammatical, tout est permis, mais un brin d’élégance ne nuirait pas. »

« Si je dis : fi ! Je suis tombé sur un prof ! Ça vous irait ? »

« Nous progressons, monsieur bien que je préfère cela à ça. »

« Bon, ça commence à bien faire ! Je m’installe ! »

« Puis-je vous faire remarquer qu’en voulant exprimer la vivacité de votre mécontentement, monsieur, vous venez d’employer deux mots qui pourraient signifier que vous appréciez favorablement la situation : bon et bien ? »

« Il est pas vrai, celui-là ! »

« Monsieur, vous venez d’exprimer une pensée négative en vous dispensant du ne, ce qui est hélas courant de nos jours. Mais en plus, votre utilisation de l’adjectif vrai prête à discussion. Il signifie qu’une affirmation est conforme à la vérité. Or, puisqu’il s’agit de moi, on peut considérer à la rigueur – dans un sens proche de la métaphore – que je suis une affirmation de la personne humaine, mais il est difficile de prétendre que je ne suis pas conforme à une vérité dont nous peinerions à définir les contours »

« Comment, il se la pète, celui-là ! »

« Monsieur ! Comment est un adverbe interrogatif ! Certes, l’usage courant peut vous permettre de l’employer de manière exclamative, mais vous introduisez une difficulté puisque le mot signifie : ‘de quelle manière’. Avouez qu’il est difficile de s’exclamer en commençant par : de quelle manière ! Par ailleurs, je crains de ne pouvoir valider la forme réflexive que vous donnez au verbe péter.»

« Laisse-le, Robert, on va ailleurs, on est tombé sur un malade ! »

Mon aimée et les pygmées

1 avril, 2020

Mon aimée

Paumée

Et camée

Sous la ramée,

Voit de la fumée.

C’est une armée

De pygmées

Affamés !

C’est confirmé,

Mémé !

Un homme de haute moralité

31 mars, 2020

« Moi, monsieur, j’ai une morale. Je sais où est le Bien et où est le Mal. »

« Ah bon ?  Mais il me semble que vous ne pensez qu’à courtiser pour bien vous placer auprès de sa Majesté, en médisant sur le reste de la Cour. Est-ce le Bien, cela ? »

« Quel rapport ? Je fais mon devoir ! J’ai un domaine, une famille et des maîtresses à entretenir, moi ! »

« Donc, votre caractère servile et obséquieux est purement alimentaire. C’est ça faire le Bien ? »

« Parfaitement, ne négligeons pas le fait que je suis les offices religieux du père Sienne, chaque dimanche matin ! Et tous mes gens font leur Pâques ! »

« Vous pourriez faire preuve de générosité en distribuant du pain aux miséreux. »

« Comment ? Mais vous ne savez pas que ces manants me cherchent querelle dès que je sors de l’église. Je suis obligé de sommer mes valets de les chasser. Comment pourrais-je m’occuper de leur détresse matérielle dans ces conditions ? »

« Il me semble aussi que vous vous montrez très pressant auprès de la comtesse, en profitant des absences du comte qui guerroie au loin pour la gloire du royaume. »

« Je soutiens la comtesse dans cette pénible circonstance. La comtesse a l’oreille de la duchesse qui elle-même est très appréciée par sa Majesté la reine, laquelle est très influente auprès du Roi. Vous n’allez tout de même pas m’accuser de trafic d’influence alors que ma seule préoccupation est le bien-être de la comtesse et de ses amis ! »

« Si on parlait de l’affaire de la fausse monnaie ! »

« Monsieur ! Il s’agit là de ragots que certains ont fait courir sur mon compte parce qu’ils sont jaloux de la bienveillance dont m’honore Sa Majesté. D’ailleurs, le coupable a avoué. »

« Sous la torture. Comment expliquez-vous le montant de votre fortune ? »

« J’ai des terres, monsieur qui me permettent d’entretenir ma famille dans la modestie et la frugalité qui sied à des âmes soucieuses de leurs saluts. »

« Elles ne voient pas beaucoup le fruit des impôts dont vous accablez vos fermiers. D’ailleurs, j’ai ouï-dire qu’ils se révoltent. N’auraient-ils pas un peu mis le feu à vos écuries ? »

« Vous galéjez, monsieur ! Une petite bande de joyeux de godelureaux à souhaiter me faire une farce et vous, tout de suite, vous parlez de révolte ! Je m’esbaudis, monsieur. »

« Peut-être, mais vous avez été obligé de vous enfuir en chemise de nuit chez votre cousin ! »

« Pas du tout ! Nous avions une soirée costumée ! »

« A propos, votre cousin se porte-t-il bien ? On dit que vous avez intrigué pour lui faire obtenir la charge de chargé de l’entretien des pâquerettes dans les jardins royaux.  Tout ça pour une bouchée de pain, évidemment ! »

« Mais tout à fait, mon cousin est très féru d’horticulture, je travaille pour que toutes les compétences du royaume soient utilisées au mieux au service du Roi. »

« Votre compétence en manigances m’impressionne, monsieur ! »

« Monsieur ! Ne seriez-vous pas en train de m’offenser ! Arrêtez de me chanter vos sornettes ! Dois-je vous rappeler que je suis dans les meilleurs termes avec monsieur le bourreau du Roi !  Dois-je parler de vous à mon cousin, un excellent duelliste, je vous le rappelle ! Sachez que vous ne trouverez pas, dans le royaume, un serviteur de sa Majesté d’une moralité aussi irréprochable que la mienne. »

La harpe de la harpie

30 mars, 2020

A Harlem

Dans le harem

D’Harold

Le vieil harpagon,

Une harpie

Vêtue de hardes,

Harassée

Et Hargneuse

Joue de la harpe.

Grammaire et vocabulaire à la plage

29 mars, 2020

« J’espère que je ne vous gêne pas en installant ma serviette de bain près de vous. »

« Si, monsieur, votre présence est plutôt incommodante. »

 « Pourquoi dites-vous plutôt ? Je vous gêne ou je ne vous gêne pas ! C’est oui ou c’est non ! »

« A vrai dire l’adverbe plutôt, me permet de vous dire que vous me gênez tout en restant élégant. C’est un adverbe assez pratique. »

« Vous avez raison, « plutôt » permet d’entretenir des relations courtoises. »

« Tout à fait, il peut s’utiliser avec des nuances. Si je vous dis que j’ai plutôt envie de vous casser la figure, c’est que j’introduis une modulation dans mon intention, sinon il y a longtemps que je vous aurais voler dans les plumes. »

« Monsieur, restons pacifiques ! »

« Nous pourrions aussi utiliser le terme plutôt dans un sens qui exprime un choix. Par exemple, je pourrais vous dire que je préfère m’en aller plutôt que vous supporter. »

« Ah ! Ah ! Vous, vous êtes trop ! »

« Monsieur, vous employez très mal l’adverbe trop qui ne peut s’employer seul. Il vient en aide à un verbe ou un adjectif pour exprimer une idée d’excès. Là, je me dis : je suis trop quoi ? Il conviendrait de m’aider à trouver une réponse. »

« Super ! Je suis tombé sur un prof ! »

« Monsieur, à l’origine super est un préfixe qui signifie au-dessus. Certes, la langue a évolué, vous pouvez l’utiliser comme interjection pour exprimer votre contentement bien qu’en l’occurrence, je sens que le mot est prononcé de manière ironique. L’interjection n’ayant aucun statut grammatical, tout est permis, mais un brin d’élégance ne nuirait pas. »

« Si je dis : fi ! Je suis tombé sur un prof ! Ça vous irait ? »

« Nous progressons, monsieur bien que je préfère cela à ça. »

« Bon, ça commence à bien faire ! Je m’installe ! »

« Puis-je vous faire remarquer qu’en voulant exprimer la vivacité de votre mécontentement, monsieur, vous venez d’employer deux mots qui pourraient signifier que vous appréciez favorablement la situation : bon et bien ? »

« Il est pas vrai, celui-là ! »

« Monsieur, vous venez d’exprimer une pensée négative en vous dispensant du ne, ce qui est hélas courant de nos jours. Mais en plus, votre utilisation de l’adjectif vrai prête à discussion. Il signifie qu’une affirmation est conforme à la vérité. Or, puisqu’il s’agit de moi, on peut considérer à la rigueur – dans un sens proche de la métaphore – que je suis une affirmation de la personne humaine, mais il est difficile de prétendre que je ne suis pas conforme à une vérité dont nous peinerions à définir les contours »

« Comment, il se la pète, celui-là ! »

« Monsieur ! Comment est un adverbe interrogatif ! Certes, l’usage courant peut vous permettre de l’employer de manière exclamative, mais vous introduisez une difficulté puisque le mot signifie : ‘de quelle manière’. Avouez qu’il est difficile de s’exclamer en commençant par : de quelle manière ! Par ailleurs, je crains de ne pouvoir valider la forme réflexive que vous donnez au verbe péter.»

« Laisse-le, Robert, on va ailleurs, on est tombé sur un malade ! »

L’histoire du vendeur de vase

28 mars, 2020

A La Paz

Devant ma case

Je vends des vases.

C’est mon métier de base,

Mais ça me rase.

Je joue du jazz.

Mais je suis naze.

Ça sent le gaz.

C’est ma dernière phrase.

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