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24 mars, 2015

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Bon voisinage

21 octobre, 2018

« Il faudrait nous réconcilier. »

« Mais, nous ne sommes pas fâchés ! »

« C’est préventif. Moi, j’aime bien vivre en paix. Et j’ai remarqué que vous, vous énervez facilement ! Vous êtes un voisin un peu sanguin ! Nous pourrions mettre en place un concordat. »

« Bon, d’accord. Comment on fait ? »

« Article 1er.  Vous ne critiquez pas ma voiture ou mes affaires. »

« Mais vous, vous me critiquez parfois. »

« Oui, mais c’est pour rire. Article 2 : ne soyez pas susceptible. »

« C’est tout ? »                                                                 

« Non, il faudrait aussi m’inviter à utiliser votre piscine quand il fait trop chaud. Je ne vais tout de même pas en creuser une autre. Vous vous rendez compte du gaspillage d’eau que ça représenterait ? »

« Et moi, je pourrais aussi rédiger un article du concordat ? »

« Oui, mais pas trop contraignant. J’aime bien ma liberté individuelle. »

« Bon. Article 3 : vous vous achetez une salière. »

« Ce serait dommage. La vôtre est très pratique. Votre proposition est rejetée. »

« Et pourquoi donc ? »

« Pour qu’elle soit acceptée, il faut recueillir la majorité plus une voix, c’est-à-dire nos deux voix. Vous n’avez pas de chance, vous loupez le coche pour une voix ! »

« Je peux faire un article contre vous dans le journal local ? Ou alors un pamphlet que je pourrais distribuer dans les boîtes aux lettres du quartier ? »

« Non, je n’ai pas trop envie. Je serais obligé de répondre par une diatribe contre vous sur mon site Internet. Ce serait l’occasion de briser notre bonne entente. »  

« Remarquez qu’il y a peu de monde qui va sur votre site, il n’est pas tellement intéressant. Vos vacances à Pornichet m’indiffèrent totalement. »

« Et ma page Facebook ? Vous n’allez pas me dire qu’elle est nulle ? Nous sommes amis sur Facebook ! »

« C’est juste pour surveiller que vous ne dites pas trop de mal de moi, parce qu’en vrai, je n’ai absolument aucune envie d’être votre ami. »

« Article 4. Vous vous intéressez activement, j’ai bien dit activement, à ma page Facebook en mettant de nombreux commentaires sympathiques et si possible, spirituels. »

« Article 5. Vous réparez la tondeuse à gazon que je vous ai prêtée. »

Le roi Eloi

20 octobre, 2018

Quoi,

Eloi ?

Tu bois,

Encore une fois,

Sous mon toit.

Juste un doigt ?

Et ton foie ?

J’en suis coi.

Soit !

Tu es le roi.

Do…ré…mi

19 octobre, 2018

Mon ami

Et commis

Rémy

Avec ma mie

Amy

Et son tamis

N’ont pas omis

Le temps des semis.

L’air qu’on a

18 octobre, 2018

« J’ai un visage sinistre. »

« Oui, c’est curieux. Pourtant le nez, les yeux, le menton, tout ça, ça me semble normal. Vos traits sont réguliers. »

« Quand je me regarde, je trouve que je ressemble à Buster Keaton. J’ai peut-être une carrière possible dans le cinéma. »

« Je ne crois pas, votre cas est encore pire, vous ne faites rire personne. »

« C’est curieux, quand tout parait normal dans un visage, c’est sinistre. Il faut une particularité pour déclencher le sentiment du beau. Je pourrais peut-être me faire refaire le nez pour en avoir un camus ou bourbon ? »

«Euh … avant de parler opération… voyons, voyons…. Essayez de sourire pour voir. »

« Non ! Quand je souris, c’est catastrophique. On dirait que je souffre comme un damné. Les enfants s’enfuient en hurlant. »

« C’est vrai que votre plaisir n’illumine pas votre regard, qui ne reflète pas grand-chose d’ailleurs. »

« Je pourrais peut-être avoir des tics qui me rendent sympathique comme me passer les mains dans les cheveux. »

« Euh… non ! Je préfèrerais que vous joigniez les mains comme une prière devant votre bouche, ça fait celui qui réfléchit. »

« Oui, c’est pas mal. Mais je ne voudrais pas sembler trop intello. Pour être plutôt avenant et sympa, je fais comment ? »

« Je crois qu’il ne faut pas trop compter sur votre physique. Faites de l’humour à froid. Soyez une sorte de pince-sans-rire. »

« Vous croyez ? Mais il faut connaître beaucoup de vannes… »

« Bon, alors il va falloir vous raisonner : vous n’avez pas les moyens de paraître sympathique. Ce n’est peut-être pas aussi grave que ça… Il y a beaucoup de gens qui ont l’air sympas au premier abord et qui se révèlent épouvantables au second. En gros, ça s’appelle une mine d’hypocrite ! »

« C’est vrai, Dugenou, par exemple. »

« Votre visage présente au moins un intérêt pour les autres, c’est qu’on se méfie de vous dès qu’on vous voit. On ne risque pas de mauvaises surprises. »

« Remarquez… Il y a beaucoup d’autres personnes qui n’ont pas un air très avenant. On dirait qu’ils portent toute la misère du monde sur les épaules. Par rapport à eux, j’ai l’air très enjoué. On est toujours le sympathique de quelqu’un d’autre. »

« D’accord, il faut relativiser. Vous devriez fréquenter des gens plus antipathiques que vous, ça vous rassurerait. »

Un rap

17 octobre, 2018

Je suis un rapace

Rapiat.

Dans un délai rapproché.

Ce  rap

Va me rapporter.

Ce n’est pas râpé.

Ce sera rapide.

C’est une vraie rapsodie.

Je le rappelle.

Les riches et les pauvres

16 octobre, 2018

« Je vois ce que c’est, vous allez me dire qu’il faut des riches pour qu’il y ait des pauvres et des pauvres pour qu’il y ait des riches. Et vous trouvez ça normal ? »

« Evidemment, mon pauvre : on est tous inégaux au départ ! Il y a des grands, des petits, des gros, des minces, des moches, des beaux… C’est comme ça ! La différence avec les questions de revenu, c’est qu’on peut passer de pauvre à riche, si on se donne la peine de le vouloir. »

« Ah ! Nous y voilà ! Vous allez me parler des gens qui réussissent leur vie en se levant tôt pour gagner beaucoup d’argent. Comme si on ne pouvait pas avoir une vie intéressante en gagnant des clopinettes. »

« Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise : toutes les sociétés ont besoin d’une hiérarchie sociale. Regardez les loups ! Il y a le chef de meute, ses adjoints et le loup de base ! »

« Evidemment, mais en haut de la hiérarchie, on a la belle vie. »

« C’est ce que vous croyez, mais on a beaucoup plus de responsabilités, c’est à nous de conduire la meute sur les meilleurs chemins. C’est très stressant. Regardez donc comme je suis fatigué.  Vous en bas, vous ne vous en faites pas. Vous dormez bien. »

« Encore faut-il un endroit pour dormir. Il est vrai que nous n’avons que des soucis basiques : dormir, manger, boire, tandis que vous vous faites du souci pour quelques milliards investis en Asie ou en Afrique. »

« Nous travaillons pour vous. »

« Vous n’allez tout de même pas me faire la théorie du ruissellement. Il faudrait que vous soyez plus riche que riche, pour que je sois un peu moins pauvre. »

« Et vous ? Que faites-vous ? Que voulez-vous ? Vous débrouiller pour devenir riche ou alors me démontrer que vous faites exprès d’ être pauvre. »

« Moi au moins, je suis délivré de l’addiction à l’argent. Votre cupidité est sans limite. Avez-vous réfléchi au sens de votre vie motivée par toujours plus d’argent ? »

« Parfaitement, je me lève tous les jours avec l’envie de réussir de nouveaux projets. »

« Moi aussi, je me lève tous les matins avec l’envie de construire de nouveaux projets, sauf que mon projet principal c’est de me nourrir. »

« Vous avez remarqué ? Notre dialogue marche par la culpabilisation. Les pauvres reprochent aux riches leur manque de générosité et les riches reprochent aux pauvres leur manque d’ambition, voire leur paresse. »

« C’est à celui qui reproche le mieux. C’est normal, il nous faut un terrain d’affrontement. Depuis la nuit des temps, le premier réflexe de l’homme quand il met un pied parterre, c’est de se comparer aux autres. »

« Et ce n’est pas près de finir. Si on ne se compare plus, on ne se sent plus vivre. Si on est moins bien que les autres, on peut râler, ce qui est une manière d’exister. Si on est mieux, on peut faire les malins, ce qui est aussi une façon d’exister. »

« Et quand on ne râle pas et qu’on ne fait pas les malins ? »

Mot compte double

15 octobre, 2018

Au Rameaux, pas un mot.

Pas de ramdam, Madame !

N’est-ce pas le barde sur la rambarde !

Et toi le mouflet, tu veux un camouflet ?

File dans ta campagne et dans ton pagne.

Des gars comme toi font des dégâts.

Ces balourds sont lourds.

Ces frivoles volent.

Agoraphobe

14 octobre, 2018

« J’ai horreur de la foule. »

« C’est de l’agoraphobie, mon vieux. »

« Si vous voulez !  Ça vous plait, vous, tous ces gens qui pullulent partout autour de vous ? Je trouve ça extrêmement menaçant ! »

« Il faut vous y faire, mon vieux. Nous sommes plus de sept milliards sur Terre et ça ne va pas s’améliorer. »

« D’abord, je ne suis pas votre vieux. Ensuite, j’ai besoin d’exprimer ma personnalité. »

« Certes, mais on ne va pas vider les grands magasins pour que vous puissiez faire vos emplettes sans être bousculé ! »

« Je ne dis pas, mais on pourrait au moins dire aux gens que lorsqu’un article me plait, j’ai la priorité. Il est interdit de me marcher sur les pieds pour me le voler. »

« Bon d’accord, on leur dira, c’est tout ? »

« Non, il devrait exister une caisse qui m’est réservée. Je ne supporte plus d’attendre une demi-heure derrière une cliente qui farfouille son sac à la recherche du numéro de sa carte bancaire. »

« C’est très gai, en effet. Vous avez droit aussi à la cliente qui se dispute avec l’employée parce qu’elle rend un article et qu’elle n’a pas le ticket de caisse ! »

« Pendant qu’on y est, il faudrait aussi me réserver une rangée complète quand je vais au cinéma. J’en ai un peu marre des voisins qui mâchouillent fortement leur pop-corn ou qui font des commentaires sur le film. Sans compter ceux qui s’approprient votre accoudoir sans vergogne. »

« Je suppose que la promiscuité des trains vous indispose également. »

« Totalement, il ne serait pas difficile de me réserver un wagon entier. J’ai horreur du regard des types qui s’asseyent à côté de moi. Ou alors de ceux qui lisent mon journal en même temps que moi. Ou encore des gens qui ne sentent pas très bon. »

« Vous allez au stade ? »

« Pour hurler comme des hystériques avec des milliers d’abrutis. Merci bien. Et ma dignité d’être humain, qu’est-ce que vous en faites ? »

« Et dans la rue ? »

« C’est le pire, personne ne me remarque, personne ne dit bonjour… « 

« Vous n’aimez pas les gens et en plus, vous voudriez qu’ils vous remarquent dans la rue ? »

« Oui, je n’aime pas les gens, mais je n’aime pas trop être laissé seul dans mon coin »

« C’est un peu paradoxal. »

« Eh voilà, j’en étais sûr, c’est encore moi qui ai tort ! »

Revoilà le W !

13 octobre, 2018

Dans son wagon

William,

Le webmestre

Part en week-end

Il a vidé son whisky.

Il écoute son walkman

En regardant un western

Sur le web.

Waouh ! Quelle histoire !

Aïe ! Aïe ! Aïe !

12 octobre, 2018

Voilà un bail

Qu’il caille

Et que je suis sur la paille.

Je baille

Et je sens l’ail.

Les autres me raillent.

Je me taille

Par le rail.

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