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24 mars, 2015

amoi-bis

compteur
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Allons, allons !

25 février, 2017

Non,

Je ne suis pas sous le pont

Long,

Mais je n’ai plus un rond

Je mange du thon

Dans les joncs,

Avec du son,

C’est bon.

Fais-moi un don,

Mon tonton.

But !

24 février, 2017

Quand cette histoire débute,

Jules butte

Un rosier sur la butte.

C’est son but.

Rien ne le rebute.

Mais, contre un caillou il bute,

Et fait une culbute.

A la malchance, il est en butte.

Un être bon ?

23 février, 2017

« Je vous complimente. »

« Ah bon, pourquoi ? »

« Je n’en sais rien, mais vous avez surement des qualités qui suscitent l’admiration, comme tout le monde. »

« Vous flagornez. Qu’est-ce que vous attendez de moi, en échange de vos flatteries. Ne seriez-vos pas en train de me rejouer la scène du corbeau et du renard ? »

« Je n’attends rien. Promis. C’est étonnant comme les gens n’aiment pas qu’on dise du bien d’eux. Voilà qui montre bien que nous sommes dans une société où la règle, c’est l’agression entre les individus. »

« Peut-être, mais là vous me mettez dans la situation où je vais être obligé de vous trouver des qualités et de les énoncer alors que je n’en ai pas tellement envie. »

« Vous allez me gêner. »

« Alors qu’est-ce que je fais de vos compliments ? Je dis qu’ils sont bien trop élogieux et que je ne les ai pas mérités ? »

« Non, si vous faites ça, je vais être obligé d’en rajouter une couche en disant qu’en plus vous êtes d’une très grande modestie qui vous honore. »

« Vous avez raison, ça ferait beaucoup. Je vais dire qu’en effet je suis doté de toutes les qualités que vous me reconnaissez. »

« C’est mieux. Il faut savoir s’assumer, même quand on est un être merveilleux. »

« Vous êtes sûr que je ne peux pas vous complimenter aussi ? »

« Non. D’autant plus qu’à côté de vos mérites, les miens sont peu de choses. »

« Vous voyez… Déjà, on peut dire que vous êtes modeste ! »

« Ah oui ! Mince ! Je n’ai pas fait exprès. Le mieux serait que vous me détestiez. »

« … Ce qui ne va pas tarder ! On ne déballe aux gens leurs qualités comme vous le faites ! C’est très malséant. »

« Je suis désolé, je n’ai pas été très bien élevé par mes parents. C’est vrai, ils auraient pu m’apprendre la méchanceté gratuit en dénigrant tout le monde ! »

« Vous avez l’air d’avoir eu une enfance difficile. »

«Oui. Dès l’âge de 3 ans, j’ai dû apprendre à respecter mes camarades de bac à sable. A 6 ans, je protégerais les plus faibles dans la cour de récréation. A 10 ans, j’organisais une caisse de secours pour les enfants sans Noël. »

« Je comprends mieux votre obsession d’être bon pour les autres. »

« Le corps médical ne m’a pas laissé beaucoup d’espoir d’en sortir. »

De toutes les couleurs

22 février, 2017

Marie-Claire

Est un fin cordon-bleu.

Elle sait aussi soigner son laurier-rose.

Elle travaille à La Croix-Rouge.

Son mari est Peau-Rouge.

Il chasse le col-vert,

Avec ses gris-gris,

Et ses armes en fer blanc.

 

Un éloge

21 février, 2017

« Je suis en train d’écrire mon éloge. »

« Vous avez raison. Si vous ne le faites pas, je ne vois pas bien qui va s’en charger. Vous avez fait des choses exceptionnelles ? »

« Non, pas vraiment. J’ai eu une vie très banale. »

« Alors là, ça va être compliqué pour en tirer un discours. »

« Je pourrais insister sur ma modestie légendaire. J’ai tout fait pour ne pas sortir de l’anonymat. »

« Ce sera donc un éloge de la médiocrité, mais enfin… pourquoi pas. Si tout le monde sortait de l’anonymat, il n’y aurait que des vedettes sur terre, et nous serions tous des anonymes parmi les vedettes. »

« Ma façon de rester dans la foule des anonymes est exemplaire. Certains prétentieux croient en sortir en faisant des efforts. Moi, j’étais tellement sûr de ne pas en sortir que je n’ai fait aucun effort. »

« C’est d’une grande sagesse. Encore un bon point à mettre à votre actif. »

« Je me suis contenter de naitre, d’aller à l’école, de bosser et d’arrêter de bosser. Sans me plaindre de ma condition. »

« Voilà qui est méritoire. Quand on pense au nombre de personnes qui descendent dans la rue pour un oui ou un non, le gouvernement a bien besoin de gens de votre docilité. »

« Vous êtes sûr que je peux mettre ça dans mon éloge. »

« Ce sera original. Vous serez celui qui ne s’est jamais rebellé. Il faut beaucoup d’abnégation pour tout accepter de la vie. »

« Je pourrais mettre aussi en avant mon caractère affable. Malgré mon manque total de réussite professionnelle et personnelle, je n’en veux pas à la Terre entière. Aucune trace d’amertume dans mon comportement. »

« Effectivement, je suis très impressionné. Vous ne rejetez pas la faute de vos insuffisances sur vos profs, vos parents, votre patron… Vous êtes sûr d’être normal ? »

« Oui, je prends la responsabilité de toute mes erreurs. »

« Autant de lucidité, c’est admirable, mais il faudrait aussi penser à vous trouver une qualité. Dans un éloge, ça se fait. Vous ne pouvez pas vous contenter de dire que vous avez été parfaitement lucide sur votre lamentable sort. »

« Alors là, ça va être compliqué. »

« Ecrivez que vous êtes gentil, intelligent… Enfin, des qualités que tout le monde possède. Comme ça, vous serez tranquille, ça ne vous sortira pas de l’anonymat, même quand vous ne serez plus là. »

« Vous avez raison, il faut que je me fasse un éloge à mon image : complètement nul. »

C’est relatif !

20 février, 2017

Un je-ne-sais-quoi,

Comme qui dirait un bruit !

C’est peut-être un iroquois

Ou n’importe qui.

C’est pourquoi,

Je reste sur le qui-vive,

Qui que ce soit

Je reste coi.

C’est toujours pareil !

19 février, 2017

« Je dis toujours la même chose, c’est consternant. »

« Comment ça ? »

« Toujours la même chose, je vous dis. J’ai l’impression d’avoir un vocabulaire limité. Je sors toujours les mêmes phrases. »

« Par exemple ? »

« Le soir quand je rentre, je dis que je suis fatigué et que j’ai une journée de merde. Dire tout le temps que je suis fatigué, ça me fatigue. »

« Mais c’est peut-être vrai ? »

« Ce n’est pas tout. J’ai des refrains pour chaque situation. Sur le temps, bien entendu, je suis irrésistible quand je dis qu’il fait froid ou qu’il fait chaud, ou alors qu’au printemps, on ne sait jamais comment s’habiller. »

« C’est vrai que c’est assez pauvre, mais en ce qui concerne la météorologie, il est assez difficile de se distinguer. »

« Mon pauvre ! Je n’en rate pas une ! En début de semaine, je clame : comme un lundi ! Dès qu’on me demande de mes nouvelles. Ou alors, à partir du jeudi, je ne manque jamais le célèbre : vivement le week-end ! Ce serait dommage. »

« Mais tout le monde fait ça ! »

« Oui, mais alors moi, je m’en rends compte et je m’agace moi-même ! Si je ne dis pas : « j’ai un de ces boulots », chaque matin en arrivant au travail, je ne me sens pas bien. D’autant plus que ça n’est pas toujours vrai. »

« Ne vous inquiétez pas, ce sont des phrases réflexes. »

« Mais il y a pire, docteur. J’ai un refrain sur l’incapacité du gouvernement à nous administrer que je sers à tout propos. Quelle que soit son orientation politique, je ne résiste pas au plaisir de dire que nous sommes gouvernés par des incapables. »

« Vous n’avez pas forcément tort. »

« Ce n’est pas une raison pour tenir une demi-heure sur ce sujet à la cantine. J’exagère… J’alterne avec les programmes de télé qui sont tout débiles. J’ai un argumentaire très au point pour le démontrer. Vous voulez que je vous en fasse profiter. Je ne sais dire que ça. »

« Non merci, j’ai déjà entendu ça quelque part. Mais finalement qu’est-ce que vous voudriez ? »

« J’aimerais avoir des sujets de conversation nombreux, variés, intéressants. Ou alors ne pas dire les mêmes mots sur les mêmes sujets. J’ai l’impression d’être une mécanique remontée pour sortir les mêmes imbécillités. »

« C’est inévitable. Les uns rassurent les autres. C’est animal : les chats et les chiens ont besoin des mêmes lieux et des mêmes parcours pour se sentir bien. » 

« J’aimerais bien me situer un peu au-dessus du niveau bestial. »

Le pire poème

18 février, 2017

Sire !

Il faut lire.

J’ai entendu dire

Que cela fait rire.

Si vous jouez de la lyre,

En buvant un khir,

C’est pire !

Votre ire

Gire

Et se tire !

Euh… euh… !

17 février, 2017

Ouvrez les yeux !

Je ne suis qu’un gueux.

Je forme le vœu

D’avoir deux bœufs

Qui feront : meuh !

Comme ceux

De feu

Mes aïeux.

Mon autobiographie

16 février, 2017

« Je n’écrirai pas mon autobiographie. »

« Ah bon ? Pourquoi donc ? »

« Je n’ai pas envie de ressasser mes échecs, ni même de parler de ce que j’ai fait de bien. »

« Ce n’est pas très sincère. »

« Pour les échecs, sans doute. Mais ça vous plairait vous de penser à tout ce que vous avez raté ? Et de réfléchir aux raisons pour laquelle vous les avez ratées ? Tout ça pour trouver à la fin que vous vous êtes conduit de manière minable. Merci bien ! »

« Oui, mais on peut tirer des leçons profitables d’un échec. »

« A part que je n’ai pas été à la hauteur, je vois pas bien… En plus, je vais avoir tendance à attribuer la responsabilité de mes défaites à d’autres que moi. Alors autant m’éviter cette lâcheté calomnieuse.  Je ne veux pas avoir d’histoires avec des gens qui pourraient être encore vivants et dire du mal de moi dans leurs autobiographies. J’en connais plein qui voudraient régler des comptes au lieu de raconter les choses honnêtement. »

« C’était peut-être de la faute des autres ! Peut-être étiez-vous mal entouré ! »

« C’est sans doute exact, mais enfin quand même, soyons prudents… »

« Et pour ce que vous avez fait de bien. Vous n’avez pas envie de raconter, non plus ? »

« Non. Parce que ce que j’ai fait de bien, je ne suis même pas sûr que ça n’aurait pas pu être encore mieux. Et puis, je ne suis même pas sûr de m’en souvenir. Un bienfait vous laisse moins de traces qu’une bonne paire de claques. »

« Dommage, si ça ne vous intéresse pas, ça pourrait intéresser les autres. »

« Je ne vois pas ce qu’il y a d’intéressant à savoir que j’ai été à l’école, puis au collège, au lycée et en fac. Une grande majorité des gens en ont fait autant. »

« Mais vous pourriez le raconter de manière intrigante. »

« En fait, le vrai problème, c’est que je me demande si j’ai réellement décidé de quelque chose. Ne me suis-je pas laissé pousser par les vagues de l’existence, tel le radeau de fortune perdu au milieu de l’océan ? Encore heureux que je ne me sois pas retourné. »

« Eh bien, vous pourriez raconter l’épopée de votre naufrage. »

« Bin, non. Je n’ai pas tellement envie de savoir que je me suis laissé balloter par les vents et la mer, sans me donner le courage de me prendre en mains. C’est mon autobiographie tout de même et pas la confession d’un imbécile. Il me reste quelques années à vivre, j’aimerais bien être un peu fier de moi, surtout qu’il n’y a pas de quoi. »

« Tout compte fait, il vous reste la possibilité d’écrire un livre pour expliquer pourquoi vous n’écrirez pas votre autobiographie. Ce serait plus simple. »

« C’est une très bonne idée. »

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