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24 mars, 2015

amoi-bis

compteur
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Celle qui n’a rien à dire

24 novembre, 2017

A Tignes,

Il n’y a pas de vignes.

Je le souligne,

Et je gagne trois lignes.

Ce n’est pas digne,

Mais je suis une maligne.

J’élève un cygne

Qui ne me porte pas la guigne.

Controverse élégante

23 novembre, 2017

« Monsieur, il faut savoir rester courtois en cas de désaccord. »

« Tout à fait, Monsieur. C’est pourquoi je vous prie de considérer que j’ai le plus grand respect pour vos misérables arguments au regard des miens. »

« Je vous remercie de votre amabilité. J’ai moi-même la plus haute considération pour le ramassis de contre-vérités que vous jugez bon de m’asséner. »

« Je vois que j’ai affaire à un homme délicat et bien éduqué. Recevez donc mes plus vives félicitations pour le tissu d’affirmations infondées que vous jugez bon d’opposer à mon implacable réquisitoire ! »

« Veuillez accepter, Monsieur, l’expression de mon plus vif intérêt pour la faiblesse de votre démonstration qui donne d’autant plus de lustre à la mienne. »

« C’est un plaisir de discuter avec vous, Monsieur. Je trouve dans notre échange la confirmation de l’excellence de mon point de vue, et l’étroitesse du vôtre. »

« Je suis ravi que nous ayons eu cet aparté. J’ai pu apporter une rectification sans ambiguïté à votre opinion complètement erronée. Ne me remerciez pas, c’était un devoir de vous montrer le droit chemin. »

« Je dois dire qu’après avoir goûté l’amusement que vos interventions suscitent, j’espère que le sérieux de mon discours ne vous a pas trop importuné. »

« Notre controverse a été d’une belle facture, Monsieur. Grâce à la hauteur de vue de mes avis, j’ai pu lui donner une tenue qui lui manquait légèrement après votre prise de parole. »

« Sachez que je considère votre point de vue comme tout à fait divertissant et que je ne manquerai pas d’en faire part dans des réunions importantes, lorsque l’ennui le dispute à la monotonie. »

« Je dois vous prodiguer mes plus sincères remerciements, Monsieur. La modeste intelligence de vos développements m’a permis de mieux apprécier la puissance de mes thèses. »

« Il est vrai que vous faites preuve d’une bonne volonté louable et d’un courage obstiné en administrant l’expression de la faible qualité de votre prestation, Monsieur. J’espère ne pas vous avoir découragé en vous montrant le chemin à parcourir pour égaler mon niveau d’appréhension des problèmes. »

« Je dois vous reconnaître, Monsieur, une remarquable obstination à proférer des observations marquées du sceau de votre ignorance. Je constate que vous assumez admirablement votre entêtement dans la médiocrité. »

« La modestie du niveau culturel de votre exposé vous ouvre une très belle marge de progrès, Monsieur. Nous pourrions en reparler gaiement lorsque vous dominerez votre sujet. »

« Je suis à votre disposition, Monsieur. Maîtriser avec aisance un adversaire dans un débat, est une activité particulièrement gratifiante. »

« Bon ! On peut s’engueuler normalement, maintenant ? »

Voilà le N !

22 novembre, 2017

Ninon

N’est pas une nonne

Ni une nunuche.

Cette nana

Est une nounou

Qui aime

Les nénuphars,

Les paninis,

Et l’ananas

D’Antananarivo .

L’artiste

21 novembre, 2017

« Il parait que vous allez quitter Ludmilla Grospierre pour votre boulangère, madame Piprelin ? »

« Pas du tout ! Qu’est-ce que c‘est que ces histoires. D’abord, je n’ai jamais été avec Ludmilla, ensuite, je ne vois madame Piprelin que pour lui acheter des croissants chaque matin. »

« On vous a vu en train de rigoler avec elle pourtant ! Même votre ex, Véronique Boudingrin en a été scandalisée. »

« Bon ! Je ne suis ni avec Ludmilla, ni avec Véronique, ni avec la boulangère. »

« Alors, vous êtes très malade. Allez-vous mieux ? »

« Un petit rhume la semaine dernière, je vous remercie de votre attention. »

« Vous ne pouvez pas faire mieux ? Comment voulez-vous que je sorte un article titré : Xavier Boulichon est enrhumé ? »

« Désolé, la santé est excellente. »

« J’y suis ! Vous êtes ruiné ! Rattrapé par les huissiers, vous ne savez plus où coucher ! »

« Non, j’ai du fric. Je pars en congé prochainement si ça vous intéresse. ‘Les vacances de Xavier Poulichon à Narbonne-Plage’, ça ne pourrait pas faire un article ça ? »

« Pas du tout. A la rigueur… si vous pouviez courir tout nu sur la plage. Mais appelez-nos avant ! Pendant qu’on y est, vous pourriez vous convertir au bouddhisme, ça m’arrangerait. »

« Eh bien, pas moi. »

« Tant pis ! Et votre situation fiscale ? Vous n’allez pas me dire qu’elle est nette ! Dans votre position, tout le monde a planqué du fric à l’étranger. Alors ? La Suisse, Singapour, les Bermudes peut-être… »

« Pas du tout, je paie tout en France, rubis sur l’ongle. »

« Vous le faites exprès ou quoi ! Il faut que vous compreniez que votre succès dépend des histoires bien pourries que je vais raconter sur vous ! Vous n’auriez pas assassiné quelqu’un par hasard ? Même un petit peu… »

« Je m’excuse d’avoir un casier judiciaire vierge. »

« Bon d’accord. Alors révélez-moi quelque chose sur votre enfance malheureuse. Votre père buvait, votre mère s’est barré, votre sœur faisait le trottoir… »

« Toujours pas. J’ai une famille aussi honorable que la vôtre. »

« Alors, vous avez des opinions politiques extrémistes. Je vous ai vu défiler contre je ne sais plus quoi ! Et en plus, vous jetiez des pavés sur les forces de l’ordre… »

« Vous avez du confondre. J’ai des opinions très classiques. »

« Ne me dites pas qu’un artiste comme vous ne ressent pas la nécessité de se révolter contre l’ordre établi ! »

« Bin… C’est-à-dire que tout va bien pour moi… »

« J’y suis ! Vous avez rencontré le président…. et il vous a séduit ! »

Complètement gaga

20 novembre, 2017

A Gap,

Le gars

D’Olga

Fait du dégât.

Il est gaga.

Il devrait avoir un gage.

Ce n’est pas un gag,

Ni une saga.

Vive les pieds !

19 novembre, 2017

« Vous avez remarqué ? L’homme a fabriqué des outils pour mettre le pied partout. Des skis pour aller sur la neige. Des bottes pour marcher dans l’eau. Des tongs pour aller sur la plage… et même des trucs pour marcher sur rien, dans l’espace. »

« Oui. En gros, c’est ce qu’on appelle le progrès. »

« On a même des pantoufles pour traîner des pieds quand on est bien tranquillement installé à la maison. »

« C’est qu’il faut prendre soin de ses pieds, c’est fondamental pour rester debout. »

« Par chance, le pied est construit de manière harmonieuse. Imaginez un peu la démarche ridicule que nous aurions si tous les orteils avaient la même taille. Les orteils nous montrent que dans une collectivité bien organisée, on a besoin de tout le monde : du plus grand au plus petit. Certains ferait bien de s’inspirer de cette leçon, si vous voyez ce que je veux dire ! »

« Voilà une remarque qui fiche un drôle de coup à ceux qui disent qu’on peut être bête comme ses pieds. »

« Remarquez aussi qu’il existe de très belles variétés de pieds, comme le pied grec dont le second orteil est plus long que le premier. »

« Ça ne m’étonne pas des grecs, il faut toujours qu’ils se distinguent. »

« Et la voute plantaire ? Avez-vous vu la voute plantaire, c’est une architecture à la fois belle et commode. Avoir les pieds plats est très déplaisant. »

« Le pied est une très belle réussite humaine. Si l’on ajoute l’élégance du talon, nous approchons de la perfection esthétique. »

« Il parait que nos nerfs aboutissent dans les pieds, ce qui explique probablement que nos émotions commencent par le bas. »

« Oui, ne dit-on pas que nous avons les jambes flageolantes quand on a peur. Le pied n’est alors plus très stable. »

« Oui, ou au contraire, lorsque nous sommes en forme, ne dit-on pas que nous avons bon pied, bon œil. Comme si la bonne santé se remarquait par le dynamisme du pied. »

« Quand nous sommes heureux, quelle expression nous vient ? C’est le pied ! »

« Et lorsque nous avons à faire à quelqu’un de sage et de sensé, que dit-on ? Je vais vous le dire : cet homme a les pieds sur Terre. Le pied est donc particulièrement important dans la bonne gestion des affaires humaines. » 

« C’est vrai que la santé du pied détermine toute notre vie quotidienne. Dès qu’un souci apparait, nous affirmons avoir une épine dans le pied ! »

« Le pied est l’acteur principal de notre vie. Quand nous sommes riches, nous vivons sur un grand pied. Quand nous sommes amoureux, nous faisons du pied à quelqu’un. Quand nous luttons, c’est pied-à-pied ! »

« Excellent ! Après ça, comment peut-on nous reprocher à nous les femmes de prendre soin de nos pieds en collectionnant les escarpins ? »

Il ne fait pas froid

18 novembre, 2017

C’est un macho

Manchot.

Avec son poncho,

Il vit dans son cachot

Où il ne fait pas chaud.

Il a eu son bacho,

Mais il vit d’artichauts

Sur son réchaud.

Agenda chargé !

17 novembre, 2017

« Désolée, il lui restait trois jours de RTT à prendre. Tentez votre chance lundi prochain. J’espère que vous n’êtes pas pressé. »

« Navrée ! Il est en conférence téléphonique avec Paris. Alors vous comprenez… Après, il a quatre rendez-vous. Demain, peut-être… »

« Quelle malchance, il est en stage de formation. Il tenait tellement à cette formation sur les relations au travail ! Jeudi ? »

« Ça ne va pas être possible. Figurez-vous qu’il vient d’être pris d’un lumbago. Il n’a pas pu se lever ce matin. C’est très douloureux un lumbago. Ça me rappelle mon beau-frère… Vous partez ? »

« Oui, son lumbago va mieux, mais il reçoit une mission de chinois. Ouh ! Là ! Là ! Il en a bien pour la journée ! Demain ? »

« Aujourd’hui ? Non, il est en réunion toute la journée. Il parait que c’est stratégique puisque les investisseurs seront là ! »

« Vous n’avez pas de chance décidemment, il vient juste de partir à sa salle de sport. Avec l’agenda qu’il a, il faut qu’il fasse un peu de sport pour se décontracter. Vous comprenez ? »

« Voir le directeur ? Mais bien sûr. Attendez… je vous inscris pour un rendez-vous….Mon dieu, mon dieu… Qu’est-ce qu’il est chargé ! Ah ! vous avez de la chance ! Il a un trou le 12 du mois prochain, juste après son dentiste ! »

« Décidemment, vous jouez de malchance. Il a été pris d’un malaise sur le fauteuil du dentiste. Les pompiers l’ont conduit à l’hôpital. Vous pourriez peut-être le rencontrer quand il sortira du coma. Il faut voir les médecins. »

« Alors là, les toubibs lui ont préconisé d’aller prendre l’air à la montagne. Il vient de partir avec sa femme et ses skis. »

« Si ! Si ! Il est revenu du ski, mais ça s’est mal passé avec sa femme. Ce matin, il a une audience de divorce au palais de justice. Alors, vous comprenez, ce n’est pas le moment de l’embêter… »

« Ne craignez rien, je lui ai dit que vous vouliez le voir. Peut-être après son congrès de Francfort sur la qualité dans le management. »

« Il était tout près de vous recevoir. Et puis patatras ! Sa grand-mère est décédée ! Il y était très attaché à sa grand-mère. Il tenait à l’accompagner à sa dernière demeure. »

« Ce n’est pas possible maintenant. Il est en conversation avec Dugenou. Comment a-t-il fait pour le voir Dugenou ? Je n’en sais rien. Je suppose qu’il est entré dans son bureau. »

« Si vous croyez qu’il a le temps de vous voir. Il a beaucoup d’autres soucis aujourd’hui. Il vient de rater un marché avec les japonais. J’aime autant vous dire que ça chauffe. »

« Non, ce ne sera toujours pas possible aujourd’hui. Il faut qu’il aille chercher son gamin au commissariat d’urgence. Son fils a chargé les Crs à coups de canettes de bière. Les jeunes d’aujourd’hui sont plus polissons que nous ! Vous ne trouvez pas ? »

« Cette fois, ça y est ! J’ai beaucoup insisté pour qu’il vous voit ! Ne me remerciez pas ! Il a promis de vous recevoir au retour de ses congés d’été. »

« Comment ? Vous serez vous-même en congés ? »

Humour

16 novembre, 2017

« C’est ici la formation en humour ?»

« Oui, mais c’est une formation qui exige des prérequis. Souriez un peu pour voir ! ….Je vois… C’est assez catastrophique en effet. »

« Il y a si longtemps que je n’ai pas rigolé. La dernière fois, c’était en 1972, je crois avec le sketch du défilé de Fernand Raynaud. »

« C’est vrai que c’était bien, mais on n’en est plus là. Vous avez un répertoire d’histoires drôles ou alors d’imitation amusantes ? »

« Je n’ai rien, je vous dis. Je n’arrive même pas à me faire rire moi-même. »

« Je vois ce que c’est. On ne se fait rire qu’au terme de la troisième année d’étude. Ne vous inquiétez pas c’est courant. Il va falloir tout reprendre à zéro, en année préparatoire. »

« On reçoit un diplôme ? »

« Non, il vaut mieux être discret. Si vous dites que vous êtes diplômé en humour, vous risquez de vous planter. L’idée, c’est d’être formé à la spontanéité. Vous devez sortir des vannes sans en avoir l’air. Le fin du fin, c’est d’arriver à faire marrer vos interlocuteurs rien qu’en demandant votre chemin. Mais là, il faut aller jusqu’en sixième année. C’est le niveau ingénieur ! »

« Moi, je ne suis pas très doué pour les études, il me suffirait d’un petit module de 6 mois, niveau ouvrir spécialisé. Juste de quoi passer pour un joyeux drille devant la machine à café. Aujourd’hui, personne ne fait attention à moi. Je suis obligé de renverser mon café sur quelqu’un pour qu’on prête attention à ma personne. »

« C’est qu’avec la tête que vous avez, ça ne va pas être facile. »

« Je pourrais peut-être faire dans le style pince-sans -rire. » 

« Ce serait le moins pire. Vous n’avez pas le rire communicatif. Je ne vous vois pas dans le style gros rigolard ou alors metteur d’ambiance… »

« C’est-à-dire que je ne sais même pas raconter des blagues. Je m’embrouille ou alors je ne vais pas jusqu’à la fin. Tout le monde me regarde avec un air gêné en se demandant d’où je sors pour être aussi nul. »

« C’est un début. Le mec nul qui sait qu’il est nul. Vous pouvez travailler dans ce sens. Si vous pouviez accentuer votre bafouillement ou raconter encore plus n’importe quoi… »

« Les gens vont me trouver bon à enfermer. »

« Non. Quand vous êtes mauvais et que vous annoncez que vous êtes mauvais, ça les rassure plutôt sur leur propre compte. Ils vont même finir par rire. »

« Ils vont me sortir un rire de commisération. »

« C’est un début. Souvent les humoristes ne soulèvent que des rires serviles. Ils arrivent à faire marrer une ou deux personnes. Les autres se marrent pour faire comme tout le monde. »

L’engagement

14 novembre, 2017

« Au début, il faut renoncer à te balader en vieux jean avec un tee-shirt taché ou un pull avec des trous. »

« On est pourtant plus à l’aise comme ça. »

« Aucune importance. En plus, tu dois lever les pieds en marchant et non pas les trainer misérablement dans des pantoufles effilochées. »

« C’est motivant ! »

« Ce n’est pas tout. Aucune vaisselle sale ne doit trainer dans l’évier. Quand tu as pris le petit déjeuner, tu laves tout. »

« Moi qui ai besoin d’aller me recoucher. »

« Et tu évites de fermer les portes de placard avec le pied en les faisant claquer. Les laisser ouvertes, c’est également banni. »

« Bon d’accord ! »

« Le frigo est un lieu stratégique. L’ordre est fondamental. On ne doit pas y voir d’aliments dont la date de consommation est passée, même d’un jour. »

« Donc il faut les ranger par date de péremption, je sais. »

« Si tu pouvais éviter de laisser trainer ton hebdomadaire sur la table basse du salon, ce serait bien également. »

« J’en ai souvent besoin pour les mots fléchés. »

« Prépare toi une liste de sujets de conversation. Sinon, tu seras accusé de ne rien avoir à lui dire, comme d’habitude. »

« C’est vrai que je n’ai pas toujours envie de parler. »

« C’est interdit. En outre, si tu ne parles pas, évite au moins d’avoir une physionomie trop immobile, ce qui peut être interprété comme une tentative de faire la gueule. »

« Je peux réfléchir de temps à autre ? »

« Pas trop. Il ne faudrait pas avoir l’air intello, ce qui est souvent pris pour une marque d’arrogance insupportable. »

« Et pour la poubelle ? »

« Bourrer le contenu avec le pied en espérant retarder le moment où il faudra la changer est un truc de célibataire. Oublie »

« Et m’effondrer sur le fauteuil en rentrant du boulot ? »

« Tu plaisantes ! Et pourquoi pas soupirer lourdement en disant que tu as passé une journée de merde pendant que tu y es. ?»

« Je peux raconter mes histoires de bureau ? »

« A la rigueur, mais arrange toi pour te donner le beau rôle. »

« Et après ? »

« Tu écoutes ses histoires à elle qui, de toute façon, sont plus intéressantes que les tiennes. »

« Et pour mes pieds ? »

« Tu te débrouilles pour les masser toi-même. Tu veux toujours te marier ? »

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