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24 mars, 2015

amoi-bis

compteur
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Un cauchemar

26 mars, 2017

« Vous savez que nous sommes plus de 7 milliards d’êtres humains sur Terre. »

« Oui, et alors ? »

« Alors, la probabilité est forte qu’il existe quelqu’un, quelque part, qui vous ressemble fortement, traits pour traits. Votre double, en quelque sorte. »

« C’est vrai, ce serait curieux de se rencontrer. »

« Peut-être pas. Imaginez que votre double soit le pire des gangsters que la Terre n’ait jamais porté. Vous faites quoi ? »

« Je me cache dans un coin. S’il est recherché par la police, je risque de passer un mauvais moment. Je n’ai pas l’intention d’être arrêté à sa place. »

« Je dis ça, mais votre réplique peut être quelqu’un de très bien. Si c’était un saint, prêt à être béatifié par le Vatican ? »

« Ça m’arrangerait pour ma carrière. Mon patron finirait peut-être par découvrir mes immenses qualités managériales. Peut-être même qu’il m’augmenterait pour éviter que le Vatican me propose mieux. »

« Bref, le plus probable, ce sera que votre faux jumeau soit un homme banal, comme tout le monde. Comme vous, par exemple. Vous faites quoi, alors ? »

« Rien. On prendra un café et on parlera de la morosité de la vie quotidienne. »

« Et s’il s’est marié avec une femme splendide qui ne ressemble pas du tout à la vôtre. »

« Alors, là, il est vrai que je regarderais Josiane d’un autre œil. Le mieux ce serait que ce soit ma femme qui soit plus belle que la sienne, ça me rassurerait et puis je pourrais lui taper gentiment sur l’épaule d’un air compatissant pour le consoler. »

« Et si en plus d’une ressemblance physique, il vous ressemblait exactement sur le plan du caractère. »

« C’est horrible, votre truc. Je serai obligé de me dire qu’il y en a un de nous deux qui est de trop sur Terre. Le problème, c’est que lui aussi se fera la même remarque. »

« On pourrait aussi tirer parti de la situation. Vous pourriez l’envoyer au bureau à votre place, par exemple. »

 « C’est vrai, maintenant que vous le dites, je ne sais pas si mon patron est toujours le même. »

« Bon, imaginer maintenant que vous n’avez pas un double sur Terre, mais une centaine. Sur 7 milliards d’êtres, ce n’est pas strictement impossible. »

« Ce serait géant, j’appartiendrais à une tribu de Dugenou. Nous pourrions fonder un état où tout le monde ressemblerait à tout le monde. Mais il faudrait qu’il y ait des femmes qui nous ressemblent pour générer des enfants à notre image. »

« Bon, n’y pensons plus. Ce serait un vrai cauchemar. »

Hum ! Hum !

25 mars, 2017

A Rome

Sur le forum

J’écoute un cédérom,

Assis sur mon sacrum,

Pendant que des roms

Qui ont atteint leur quorum

Boivent du rhum,

En respectant le décorum.

Vive le petit commerce !

24 mars, 2017

Dans une boutique

Rustique

Et antique,

Un loustic

Asiatique

Qui a des tics

Et des tiques,

Vend des élastiques

En plastique.

Les bons et les méchants

23 mars, 2017

« Pourquoi tant de haine ? »

« C’est normal, chacun de nous haïssons quelqu’un ou même de nombreuses personnes : le gouvernement, les patrons, les chanteurs de variété, son ex, sa belle-mère etc.. Nous nous construisons dans l’adversité. »

« Moi, j’aime des gens, pourtant. »

« Comme tout le monde. Il y a deux camps : ceux qu’on aime et ceux qu’on déteste. Les bons et les méchants. On en est tous encore là. »

« Vous êtes sûr ? »

« Evidemment, quand vous allez au foot, vous considérez que votre équipe locale est la plus forte et qu’il est donc naturel qu’elle gagne. Si vous soutenez l’équipe visiteuse, vous allez vous faire casser la figure. »

« Mais quand même… les bons contre les méchants, c’est un peu puéril, vous ne trouvez pas ? »

« Si, mais c’est comme ça. Personne n’a encore très clairement identifié les mi-bons, mi-mauvais. Ce serait une grande nouveauté. »

« Mais, moi j’aime tout le monde. »

« Vous ne pouvez dire que vous aimez plus votre patron que votre mère ou vice-versa, vous faites forcément une hiérarchie. Ceux qui sont au bas de la hiérarchie vont considérer que vous les aimez moins, puis par un glissement sémantique que vous les détestez. »

« C’est compliqué, votre truc. »

« Oui, d’autant plus que vous allez vous faire avoir. Si vous dites que vous aimez tout le monde, il y a forcément des gens qui vous détestent et qui vont profiter de votre insondable naïveté. Du coup, vous aurez deux solutions : ou bien vous ne vous apercevez pas de leurs détestations, les autres se moqueront de vous et vous finirez par les détester au bout d’un certain temps, ou bien, vous prenez leur haine en considération et vous les haïrez tout de suite. Dans tous les cas, ça se passe mal.»

« C’est vrai, je suis coincé dans tous les cas de figure. Et si je restais indifférent aux autres ? Il semble que ça se fasse. Il suffit de dire qu’on se fout de son prochain. »

« Il faut s’en foutre si vous voulez, mais ne pas le dire, sinon tout le monde va vous tomber dessus en dénonçant votre égoïsme. »

« Bon, alors je fais quoi ? »

« Constituez l’équipe de ceux que vous aimez et celle de ceux que vous détestez. Les bons contre les mauvais. En général,  ça dégénère en bagarres. C’est comme ça que ça marche depuis que les hommes sont les hommes. »

« Mais moi, je n’ai pas tellement envie de me battre ! »

 « Si vous ne voulez pas vous battre contre ceux que vous détestez, il vous reste une solution. Allez prendre le thé avec un de ceux que vous détestez. On vous le reprochera dans votre camp. Prenez alors un air indigné en disant que nous sommes entre êtres humains et que nous pouvons dialoguer de manière civilisée avec des adversaires. Personne ne vous dira le contraire. »

Doubles syllabes

22 mars, 2017

La mémé

De Riri

Danse le cancan

En tutu.

Son pépé

S’est fait bobo

En chutant de dada.

Son papa

Fait dodo

Avec son bibi.

Pourquoi faire son ménage ?

21 mars, 2017

« Quand je viens de finir mon ménage, j’ai toujours un instant de sidération. Je me demande à quoi sert ce que je viens de faire. »

« Moi aussi, puisqu’il faudra recommencer la semaine suivante. »

« Il s’en faudrait de peu pour que je ne fasse pas mon ménage. »

« Vivre dans le désordre et la saleté est socialement inacceptable. »

« Sauf que personne n’est au courant. C’est encore mon imagination qui travaille. Comme s’il y avait quelqu’un en moi qui me dise que c’est mal de ne pas faire mon ménage. »

« On se demande comment cette personne « interne » a été informée de ce qui est bien et de ce qui est mal. »

« L’éducation…les parents… »

« Qui ont été eux-mêmes conditionnés par leurs parents… Au début des temps, qui a décidé qu’il fallait faire le ménage ? … »

« Il y a des responsabilités à éclaircir. Par exemple, je me demande quel est le premier chat qui a décrété qu’il fallait que ses congénères fassent leur toilette plusieurs fois par jour. »

« C’est sûrement le même que celui qui a inventé la toilette du matin pour les humains, il devait avoir le dégout facile. Le plus fort c’est qu’il a transmis son dégoût aux générations suivantes. »

« Ce n’est pas Henri IV. Il ne se lavait pas, sentait très mauvais, ça n’indisposait pas ses maîtresses. »

« Elles avaient d’autres avantages qui leur permettaient de faire semblant de ne rien sentir. En fait, la question, c’est de savoir d’où vient la notion de dégout. »

« Eprouvez du dégout, c’est une chose. Mais l’éprouver soi-même, c’est très déstabilisant. Vous vous sentez très coupable. Se dégouter soi-même est une épreuve difficile. »

« Si en plus, vous dégoutez les autres, ça devient doublement gênant. Tout le monde n’est pas Henri IV. D’où la nécessité d’employer une femme de ménage. »

« Dans le ménage, il faut distinguer : enlever la saleté et ranger les choses. La saleté me dérange, par contre ne pas ranger ne m’indispose pas tellement. »

« Et pourtant, en remettant chaque chose à sa place, vous vous y retrouvez plus facilement. »

« Ce n’est pas sûr. Si je mets une chose à sa place, il faut que je me souvienne où est cette place. Par contre, si je laisse trainer la chose en question sur un meuble, je ne suis pas obligé de me demander où est sa place et donc, je la retrouve plus vite. »

« Eh ben… ça doit être beau, chez vous ! »

« Et voilà ! Le problème ce n’est pas mon désordre, c’est le regard que vous portez sur ma pagaille et par extension la mauvaise opinion que vous avez de moi. »

Alphabet

20 mars, 2017

Elle

Aime

Prendre le thé

Et jouer aux dés.

Puis, dans tous les cas,

Elle erre

Sans haine

Au bord de l’eau.

N’importe quoi

19 mars, 2017

« Vous allez où, comme ça ? »

« Je ne sais pas. »

« Comment ça, vous ne savez pas ? Mais on doit savoir où l’on va ! Ce n’est pas possible autrement ! Ne pas connaitre son but, ça n’existe pas ! »

« Eh bien, si ! J’avance au hasard dans les rues ! »

« Ah bon ! Et vous pensez y aller en combien de temps ? »

« Aucune idée, je vais vers un but que j’atteindrais peut-être ou peut-être pas dans un temps que je ne connais pas. »

« C’est dingue ça ! »

« Pas tant que vous croyez ! Se délivrer de toute contrainte de lieu et de temps, ça me fait un bien fou. Vous devriez essayer. Venez avec moi. »

« Je peux m’en foutre avec vous ? »

« Bienvenu ! On va pouvoir y aller ! »

« Où ? »

« Je n’en sais rien ! Nous avons rendez-vous n’importe où. »

« Ah oui, c’est vrai ! Excusez-moi je débute ! Je ne vous demande pas l’heure du rendez-vous, évidemment ! »

« Voilà, vous commencez à progresser ! »

« Comment je fais ? Je marche n’importe où, n’importe comment ? »

« Oui, c’est ça ! Encore un effort et vous allez faire n’importe quoi comme moi ! C’est bien ! Vous sentez le bienfait ? »

« Ah oui, je me sens beaucoup mieux, dites donc ! J’ai l’impression que je me fous de tout ! Ça fait longtemps que vous faites ça ? »

« Oui, ça fait plus de 40 ans que je me fous de tout. Mais les je-m’en-foutistes sont plus nombreux que vous croyez ! »

 « Et si ma femme m’appelle ? »

« Dites-lui que vous êtes n’importe où et que vous rentrerez n’importe quand. Si elle insiste bêtement, dites-lui de venir s’en foutre avec nous. »

« Elle ne va pas beaucoup apprécier ! »

« Vous vous en foutez aussi. Se passer du souci du lieu et du temps, ça ouvre la voie à beaucoup d’autres tranquillités. »

« C’est vrai ! Je viens de manquer l’heure du journal télévisé. Je me sens un autre homme ! »

Cor à corps

18 mars, 2017

Il tire encore

Des accords

De son cor.

Malgré son cor,

Il est en accord

Avec tout son corps.

C’est un record,

Un vrai score.

Le boxeur anglais

17 mars, 2017

En Occident,

A proximité

D’Oxford,

Dans son box,

Il boxe

En écoutant son jukebox.

Il ne manque pas d’oxygène.

Ce n’est pas de l’intox.

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